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Évitez les pièges du magasinage de dernière minute

Le manque de temps impose un stress aux... (PHOTO THOMAS PETER, ARCHIVES REUTERS)

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Le manque de temps impose un stress aux consommateurs, qui ressentent aussi la «pression des mains vides» et se laissent influencer par l'ambiance festive qui règne dans les commerces dans le temps des Fêtes.

PHOTO THOMAS PETER, ARCHIVES REUTERS

À 10 jours de Noël, le compte à rebours est enclenché pour les consommateurs désireux de couvrir de présents leurs êtres chers, qui n'ont pas encore commencé leurs emplettes. Mais attention: les achats précipités sont propices aux dérives et aux excès. Et puis, qui a dit que vous deviez absolument donner des cadeaux?

Achats précipités? Attention à la note!

Le réveillon est dans quelques jours et vous n'avez toujours pas trouvé quoi offrir à votre mère. Vous vous précipitez au centre commercial le plus proche et, comme des milliers d'autres magasineurs dans la même situation, vous arpentez les boutiques, dans l'espoir de trouver LE présent qui fera plaisir à votre maman adorée, mais oh ! combien exigeante...

Vous ne trouvez rien d'assez beau, original ou luxueux pour l'auteure de vos jours ? Tandis que les heures passent et que la pression monte, vous devenez une cible de choix pour les vendeurs, qui tentent par tous les moyens de vous inciter à acheter des produits ne figurant pas sur votre liste, à dépenser plus que prévu à votre budget, bref, à relâcher les cordons de votre bourse.

« Quand ils attendent à la dernière minute pour leurs achats, les gens se laissent aller, ils font des achats moins réfléchis. Ils accordent moins d'importance au respect de leur budget », souligne Fabien Durif, professeur en marketing à l'École des sciences de la gestion de l'UQAM et directeur de l'Observatoire de la consommation responsable.

Le manque de temps impose un stress aux consommateurs, qui ressentent aussi la « pression des mains vides » et se laissent influencer par l'ambiance festive qui règne dans les commerces dans le temps des Fêtes. « Les décorations, la musique, les odeurs, l'expérience sensorielle que l'on veut faire vivre aux consommateurs jouent sur leur comportement d'achat. Difficile de résister, de dire : non, je ne vais pas me laisser influencer », note M. Durif.

« Le fait d'être pressé déforme la perception et modifie le processus d'achat, renchérit Jacques Nantel, professeur en marketing à HEC-Montréal. Si je n'ai pas de pression pour acheter rapidement, je vais m'informer et comparer les prix. Mais si je n'ai pas le temps, je vais agir de façon moins rationnelle et me laisser influencer par d'autres facteurs. »

Depuis quelques années, de plus en plus de consommateurs s'efforcent de faire des achats responsables, mais leurs bonnes résolutions s'effritent lors des périodes d'achats importants. « Les achats de dernière minute, notamment, sont le cauchemar de la consommation responsable, dit Fabien Durif. On oublie certains principes quand on se laisse influencer par le niveau d'excitation qui règne dans les magasins, par les soldes, par l'entourage, si on a peur de décevoir et qu'on se dit que, pour faire plaisir à l'autre personne, on ne doit pas s'imposer de contraintes. »

Déjouez les ruses des commerçants

Les vendeurs ont plus d'une astuce dans leur sac pour vous convaincre d'acheter leurs produits. Dans leur livre On veut votre bien, et on l'aura, les auteurs Jacques Nantel et Ariane Krol dévoilent certaines de ces ruses, que les consommateurs avertis voudront déjouer.

En partant faire un blitz de magasinage, tentez d'éviter ces pièges :

Acheter un cadeau inutile, ou que l'être cher n'aimera pas

« Par définition, un cadeau est un investissement sous-optimal, explique Jacques Nantel. Quand on choisit par nous-mêmes, on investit généralement pour quelque chose qui nous convient vraiment. Mais pour un cadeau, on n'est pas certain que ça plaira. »

Le professeur cite une étude américaine selon laquelle les gens sous-estiment la valeur des cadeaux reçus. « Si on demande aux gens combien ils auraient payé pour un article qu'on leur a donné, ils arrivent entre 60 et 70 % de la valeur réelle. Quand il s'agit d'achats de dernière minute, c'est 50 % », note-t-il.

On risque de tomber dans le panneau si on va magasiner sans savoir ce qu'on veut offrir et qu'on cherche des idées dans les vitrines et les étalages des magasins. L'objet choisi risque de se retrouver en vente au lendemain de Noël sur un site de petites annonces, comme c'est la tendance depuis quelques années.

Quand les cadeaux ratent leur cible

Une personne sur quatre est insatisfaite d'un présent reçu

36 % retourneront un cadeau après Noël

Les retours les plus fréquents :

Vêtements : 45 %

Appareils électroniques : 8 %

Jouets : 8 %

Parmi ceux qui sont déçus de cadeaux :

- 25 % les utilisent quand même

- 20 % les offrent à leur tour à d'autres

- 21 % les donnent à un organisme de charité

- 19 % les oublient dans un coin où personne ne pourra les voir

- 8 % les jettent

- 2 % en publient la photo sur Facebook pour les ridiculiser

- 1 % les redonnent à celui qui leur a offert

- 47 % des gens font semblant d'être contents en recevant un cadeau

Le cadeau le plus détesté : un gâteau aux fruits

Source : Sondage de Consumer Report, 2013

Acheter un produit plus haut de gamme que prévu

Quand un vendeur tente de convaincre un consommateur d'acheter un produit plus luxueux, plus perfectionné et plus cher que prévu, il utilise la stratégie qu'on appelle en anglais « up selling ». « Les décorations, la musique, les lumières servent à montrer que Noël est un événement exceptionnel. Ça incite les consommateurs à se dire que, pour cette occasion spéciale, ils peuvent bien payer un peu plus pour gâter un être cher », souligne M. Nantel.

Acheter des accessoires qui n'étaient pas prévus

Cette stratégie s'appelle le « cross selling ». Elle consiste à proposer un article supplémentaire au moment d'un achat. Chez McDonald, c'est « un chausson avec ça ? ». Dans une boutique de vêtements, ça sera « vous avez besoin d'une ceinture avec cette jupe ». Dans un magasin d'électronique : « il vous faut un étui avec cette tablette ». « On sous-entend que vous ne pouvez pas offrir un cadeau incomplet. Ce que les gens ne savent pas, c'est que les marges de profit sont généralement beaucoup plus élevées sur ces accessoires qui accompagnent l'achat principal », révèle Jacques Nantel

Négliger de se renseigner avant de faire un achat

Si on attend à la dernière minute, le mécanisme qui mène à un achat devient moins rationnel. On se tourne vers deux stratégies :

L'imitation

À 16h30 le 24 décembre, on risque de simplement demander au commis : « C'est quoi ton meilleur vendeur ? »

La recommandation

Si on n'a pas le temps de consulter l'entourage, la seule personne qu'on peut consulter sera le vendeur, qui a tout intérêt à nous faire dépenser le plus possible.

Acheter à crédit parce qu'on excède notre budget

Parmi les types de crédit les plus dangereux : les cartes de crédit de magasins, dont les taux d'intérêt tournent autour de 28 %, et les offres proposant d'acheter maintenant et de payer plus tard. Avec vos achats de Noël, on vous proposera un rabais si vous prenez la carte de crédit du magasin, mais gare aux pénalités si vous oubliez ou si vous n'êtes pas en mesure de payer quand vous recevez votre relevé.

En 2013, 28 % des Canadiens se sont endettés pour leurs achats des Fêtes, pour une somme moyenne de 963 $, selon un sondage de BMO. Certains consommateurs remboursent encore les cadeaux de l'an dernier.

Se sentir obligé, à tout prix, d'acheter des cadeaux

Près de la moitié des Canadiens (48 %) disent ne rien vouloir pour Noël et 61 % disent n'avoir besoin de rien, selon un sondage de l'organisme de charité Vision mondiale, qui se sert de ces chiffres pour suggérer des dons à des organismes de charité plutôt que l'achat de présents. D'ailleurs, 87 % des consommateurs disent qu'ils se sentent bien au moment de faire un don, comparativement à 81 % lorsqu'ils reçoivent un cadeau.

Fabien Durif observe de son côté une tendance aux cadeaux faits à la main ou achetés d'occasion, dans la vague de la sensibilisation à la consommation responsable. On a aussi vu apparaître des certificats d'« exemption de cadeaux ». « Pour signifier à notre entourage qu'on ne veut pas recevoir de présent, on leur remet ce certificat, en cochant que l'on préfère prévoir un repas ou une activité ensemble », explique M. Durif.

On peut fabriquer soi-même un tel certificat, ou utiliser ceux qu'on trouve sur des sites d'associations environnementales ou de sensibilisation à la consommation responsable.

Pour accéder au certificat d'exemption de cadeaux de l'Union des consommateurs >>

Pour des idées-cadeaux qui épargnent votre budget >>

La garantie prolongée : inutile

En faisant des achats dans la précipitation, vous pourriez être tenté de dire oui au vendeur qui vous proposera l'achat d'une garantie prolongée sur le cadeau que vous êtes sur le point d'offrir. Au Québec, 40 à 75 % des produits électroniques sont vendus avec cette garantie, dont le prix représente habituellement entre 10 et 30 % du prix de l'appareil et que plusieurs estiment inutile. Voici quelques éléments à prendre en considération avant de prendre votre décision :

- Les détaillants font une marge de profit d'environ 50 % sur ces garanties, selon une étude de l'Union des consommateurs.

- Les garanties prolongées sont assorties de plusieurs exclusions. Vous pourriez vous rendre compte, en cas de bris, que la garantie pour laquelle vous avez payé ne vous protège pas.

- Selon le Consumer Reports National Research Center, un organisme américain de recherche sur la consommation, peu d'appareils se brisent durant la période de couverture des garanties prolongées. Par exemple, seul 1 appareil photo numérique sur 10 doit être réparé dans les trois à quatre années suivant son achat. Généralement, les bris surviennent dans les premiers mois, alors que la garantie du manufacturier est en vigueur, ou lorsque le produit est beaucoup plus vieux, quand la garantie prolongée ne s'appliquerait plus de toute façon.

- Au Québec, les produits vendus sont couverts par la garantie légale prévue à la Loi sur la protection du consommateur. La garantie légale prévoit qu'un bien « doit pouvoir servir à son usage normal pendant une durée raisonnable ». Depuis 2010, les commerçants qui vous proposent une garantie prolongée sont d'ailleurs tenus de vous remettre une note d'information au sujet de la garantie légale et de vous en lire le texte. Selon l'Union des consommateurs, cependant, cette exigence n'est pas toujours respectée.

- En janvier dernier, un recours collectif a été autorisé par le tribunal au nom de tous les consommateurs qui ont acheté des garanties prolongées chez sept grands détaillants (Ameublements Tanguay, Brault & Martineau, Brick, Bureau en gros, Centre Hi-Fi, Corbeil Électrique ou Sears Canada), avant juin 2010. On reproche aux commerçants d'avoir vendu les garanties prolongées sous de fausses représentations et d'avoir omis de signaler l'existence d'une garantie légale.

- N'oubliez pas que certaines cartes de crédit doublent ou triplent automatiquement la garantie du fabricant (jusqu'à concurrence d'une année supplémentaire ou deux) sur les biens achetés avec votre carte. Lisez le contrat obtenu avec votre carte pour savoir si vous pouvez profiter de cet avantage. Et n'utilisez votre carte que si vous êtes en mesure de payer le solde au complet lorsque vous recevrez votre relevé de compte.




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