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La F1 dans le circuit financier

La F1, réputée vivre au-dessus de ses moyens,... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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La F1, réputée vivre au-dessus de ses moyens, brûle l'argent aussi vite que les pneus de ses bolides.

Photo Bernard Brault, La Presse

Paul Durivage
La Presse

Le Grand Prix de Montréal, qui a lieu aujourd'hui, est aussi le rendez-vous des milliardaires de la F1. Vrais et faux aristocrates, émirs indifférents, fonds d'investissement gourmands et autres riches et fameux sont de l'aventure avec les boursicoteurs passionnés. Leur véhicule de placement est certes sexy et rutilant, mais l'affaire est moins brillante que les carrosseries. La F1, réputée vivre au-dessus de ses moyens, brûle l'argent aussi vite que les pneus de ses bolides. Show de boucane sur la Place du marché, ce matin, avec ce tour des grandes fortunes de la F1 sur le circuit financier.

FOM attend son heure

Bernie Ecclestone rêve toujours de porter la F1 à la cote de la Bourse de Singapour. « Dès que le timing sera bon », disait encore le patron de Formula One Management (FOM), à l'AFP l'automne dernier. Le groupe détenu à 63,3 % par la société de capital-investissement CVC Capital Partners espère une valorisation de l'ordre de 10 milliards US avec son entrée en Bourse. Il peut faire valoir des revenus commerciaux annuels d'environ 1,5 milliard US, dont une petite partie seulement va aux écuries. Une première tentative de lever 3 milliards US à la Bourse de Singapour avait avorté en 2012 en raison du contexte financier fragile. Singapour est souvent préférée à d'autres centres financiers pour les entrées en Bourse, en raison de son envergure et sa transparence. Le club de football anglais Manchester United avait aussi envisagé Singapour avant de se rabattre sur New York.

Mauvais départ pour Williams

La société Williams Grand Prix Holdings est cotée à la Bourse de Londres depuis mars 2011. Les quelque 100 millions de dollars obtenus lors du premier appel public à l'épargne furent bienvenus pour boucler le budget de l'écurie en mal de commanditaires. Les actionnaires peuvent attendre pour sabler le champagne, cependant. Le titre a perdu près du quart de sa valeur depuis son inscription. La rentabilité de l'entreprise, qui pèse maintenant 280 millions en Bourse, fluctue beaucoup. Le groupe a essuyé quelque 12 millions de pertes malgré quelques filiales d'ingénierie rentables, en 2012. Les affaires se sont redressées l'an dernier malgré une performance décevante en piste, grâce à une prime scellant le départ hâtif de la société pétrolière vénézuélienne PDVSA qui commanditait le pilote Pastor Maldonado parti chez Lotus. En restructuration, Williams vient de vendre sa division de moteurs hybrides et a fermé son centre de recherche au Qatar.

McLaren tire la langue

Fondé en 1963 avec la victoire comme ambition, le McLaren Group s'est développé sous le parapluie de grandes familles d'Europe et d'Arabie. Les liquidités dites considérables à sa disposition le préservent encore aujourd'hui du recours à l'épargne publique. Sa division McLaren Racing, qui a remporté plus de 180 grands prix et 20 championnats du monde en Formule 1 au cours des 50 dernières années, affichait en 2012 un chiffre d'affaires de près de 300 millions. Son parc de véhicules historiques, comprenant 138 autos de course et 6 routières F1, vaudrait à lui seul près de 150 millions. Le groupe britannique abrite aussi McLaren Applied Technologies qui fournit des systèmes de données et de contrôle électronique à l'ensemble des grilles de départ en Formule 1, IndyCar et NASCAR. En 2011, le fabricant d'automobiles allemand Daimler a acquis une participation de 40 % au capital de McLaren Group, distingué régulièrement comme l'un des plus beaux fleurons de l'industrie britannique. Le Royaume de Bahreïn est le deuxième actionnaire avec 30 % des parts.

Red Bull sur la voie d'évitement

On aimerait bien, mais le saut en Bourse n'est aucunement dans les plans du fondateur Dietrich Mateschitz qui n'aime pas son côté spéculatif. Le milliardaire de 70 ans garde la main haute sur le groupe de boissons énergisantes qui possède deux équipes de F1 : Red Bull, motorisée par Renault, et Toro Rosso (Red Bull en italien), propulsée par Ferrari. La marque autrichienne, qui capte 60 % du marché des boissons énergisantes, aurait tout pour plaire aux investisseurs boursiers avec un taux de croissance dans les deux chiffres de son chiffre d'affaires et son marketing innovant centré sur le sport et un certain art de vivre qu'incarne Mateschitz.

Mercedes toujours en piste

La Formule 1 ne compte que pour une fraction des affaires du géant industriel allemand Daimler même si l'histoire de Mercedes en compétition est aussi ancienne que la course automobile. Dieter Zetsche, le patron de Daimler AG, a toujours défendu l'acquisition critiquée de l'écurie Brawn GP qui devait lui permettre de mieux contrôler ses coûts en F1. Quand on croyait que la société mère allait renoncer à son pari sur la course, elle rempila l'an dernier avec l'embauche de Lewis Hamilton pour conduire ses Flèches d'argent à la victoire. Daimler a rapporté plus de 50 % depuis un an à la Bourse de Francfort à la faveur de résultats financiers meilleurs que prévu. Le titre s'échange à seulement 10 fois les bénéfices courus.




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