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Une hausse possible de l'inflation est sous-estimée

Eric Szöghy est vice-président et gestionnaire de portefeuille... (PHOTO ÉDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE)

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Eric Szöghy est vice-président et gestionnaire de portefeuille à la Financière Banque Nationale.

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Richard Dufour

Chaque dimanche, un financier répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Cette semaine, Eric Szöghy, de la Financière Banque Nationale à Montréal.

Quel a été l'événement le plus significatif des derniers jours en Bourse ?

Le S & P 500 a presque atteint à nouveau son sommet historique et je remarque que les PME semblent se transiger à des niveaux intéressants, ce qui me fait croire à une potentielle opportunité d'achat.

Quel indicateur suivez-vous le plus attentivement ?

Étant donné que je suis un investisseur « bottom-up » qui met la priorité sur les éléments essentiels en matière de placement (les fondamentaux), j'accorde moins d'attention aux indicateurs. Par contre, l'emploi et l'activité manufacturière me permettent de prendre le « pouls » de l'économie. Lorsque ces deux composantes vont bien, les profits des compagnies suivent généralement. De plus, malgré la dernière récession qui date d'environ cinq ans, la reprise a été timide, ce qui laisse présager de bons rendements pour le marché boursier à moyen terme.

Que feriez-vous avec plusieurs milliers de dollars à investir ?

Étant donné que la répartition de l'actif d'un portefeuille est responsable du rendement à long terme à hauteur de 90 %, la première étape consiste à établir les objectifs et la tolérance au risque de l'investisseur ainsi que l'horizon temporel.

Peu importe le type de placement (revenu fixe ou actions), il demeure essentiel d'avoir une diversification parmi toutes les catégories d'actifs. Détenir seulement des obligations du gouvernement n'est plus une option.

J'achète souvent des titres de multinationales rapportant de bons dividendes.

Historiquement, près de 50 % du rendement des actions provient des dividendes. Les « blue chips » constituent la majeure partie de la portion croissance du portefeuille (au moins 60 à 70 %) équitablement distribués au Canada, aux États-Unis et en Europe.

On répartit généralement la portion restante du portefeuille avec des actions de petites ou de moyennes entreprises.

Je détiens des titres comme Intact, Suncor, WSP Global (l'ex-Genivar), Johnson & Johnson, Microsoft, Diageo et Unilever. Je privilégie des actions de sociétés qui sont actives partout dans le monde. Plus de 40 % des revenus totaux de Diageo proviennent des marchés émergents. Chez Unilever, c'est près de 60 %.

Quel placement évitez-vous à tout prix ?

Les obligations gouvernementales à long terme. Les taux des obligations gouvernementales américaines à 10 ans ont atteint un record en 1981 avec des taux supérieurs à 15 % par année. Depuis, les taux n'ont cessé de diminuer pour s'établir au niveau actuel, lequel n'a pas été observé depuis les années 40.

Selon notre équipe de stratèges, la question n'est pas de savoir « si » les taux augmentent, mais « quand ». Et « quand » les taux augmenteront, même une légère augmentation pourra influer négativement sur le rendement d'un portefeuille d'obligations.

Par ailleurs, les taux augmentent rarement de façon linéaire. Par contre, ils peuvent augmenter très rapidement, ce qui crée une sorte de chaos sur la valeur de ces placements sur le marché.

Qu'est-ce que les marchés sous-estiment le plus ?

Les marchés et plus précisément les investisseurs sous-estiment la possibilité d'une hausse de l'inflation à moyen ou à long terme. L'inflation est un indicateur tardif du marché et ça peut prendre parfois deux ans avant d'en ressentir les effets.

Les portefeuilles élaborés sans tenir compte de l'inflation verront leur pouvoir d'achat diminuer. L'essence même de l'investissement est de maintenir, voire d'augmenter le pouvoir d'achat sur le long terme. Une personne qui a besoin de 50 000 $ net d'impôt aujourd'hui avec l'inflation à 2 % aura besoin de près de 75 000 $ net d'impôt dans 20 ans afin de maintenir le même pouvoir d'achat.

Cependant, depuis 1926, le taux d'inflation moyen en Amérique du Nord s'établit environ à 3 %. « Quand » l'inflation ira de pair avec le taux moyen, une personne aura besoin de 90 000 $ net d'impôt sur la même période, soit une augmentation de 16 000 $ (22 %).

***

Eric Szöghy est vice-président et gestionnaire de portefeuille à la Financière Banque Nationale. Il a commencé sa carrière chez Whalen Béliveau, où il est devenu associé avant que cette firme soit achetée par Lévesque Beaubien Geoffrion dans les années 90 et change de dénomination pour Financière Banque Nationale. Il supervise aujourd'hui un actif sous gestion qui s'élève à environ 150 millions de dollars.




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