Le moment de combiner dividende et croissance

Daniel Chartier, gestionnaire chez Valeurs mobilières Desjardins.... (Photo fournie par Desjardins)

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Daniel Chartier, gestionnaire chez Valeurs mobilières Desjardins.

Photo fournie par Desjardins

Jean Gagnon
La Presse

Chaque semaine, un financier répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et donne quelques conseils d'investissements. Cette semaine, Daniel Chartier, gestionnaire chez Valeurs mobilières Desjardins.

À votre avis, quel est l'événement le plus significatif des derniers jours à la Bourse?

La nouvelle présidente de la Réserve fédérale américaine (Fed), Janet Yellen, a dirigé la semaine dernière sa deuxième réunion du comité de la politique monétaire (FOMC). Et pour une deuxième fois, elle a annoncé que la Fed diminuait à nouveau ses achats d'obligations mensuels.

Le message est clair. Nous nous dirigeons vers des hausses de taux. Bien que ce ne soit pas pour demain, des hausses de taux seront au final bien réelles. Or, l'adage voulant qu'il soit risqué de se battre contre la Fed ajoute sûrement un facteur de risque auquel les investisseurs doivent maintenant faire face.

Par ailleurs, on sait que la politique de la Fed repose beaucoup sur la reprise de l'emploi. La dernière annonce de la Fed a de quoi réconforter ceux qui croient que l'économie américaine est sur la bonne voie en ce qui concerne la reprise économique et celle de l'emploi.

Quels indicateurs suivez-vous le plus attentivement en ce moment?

Depuis la crise financière de 2008-2009 qui a entraîné l'économie mondiale dans sa pire récession depuis les années 30, nous avons établi que le principal indicateur que nous allions suivre pour déterminer si nous étions sur le point de nous relever de cette récession allait être l'emploi. Et nous continuons de le faire.

L'amélioration de l'emploi permet une croissance des revenus et de la consommation. Elle permet aussi aux gouvernements de collecter plus d'impôts. Et elle diminue sensiblement le risque de crise sociale.

La situation de l'emploi, autant au Canada qu'aux États-Unis, s'est bien relevée de l'état alarmant atteint lors de la récession. Même en Europe, on peut conclure dans l'ensemble à une certaine amélioration. Bien que des zones grises persistent, les situations plus tendues telles celles de l'Italie, de l'Espagne et de la Grèce semblent s'être stabilisées. Notre principal indicateur nous réconforte quant aux perspectives boursières.

Que feriez-vous avec plusieurs milliers de dollars à investir?

D'abord, qu'il s'agisse de l'arrivée de nouveaux fonds qui viennent s'ajouter au portefeuille ou simplement le début d'un processus d'investissement, il importe de ne pas oublier de respecter une répartition d'actifs confortable et logique, peu importe les conditions des marchés. Une bonne répartition demeure la règle à ne pas transgresser.

Pour la portion en actions de ces nouveaux investissements, nous croyons qu'il faut rechercher les titres à dividendes, mais qui sont aussi porteurs de croissance. On retrouve cette combinaison chez les grandes sociétés américaines et internationales du secteur de la consommation courante, telles General Mills et l'européenne Diageo, ainsi que celles engagées dans les grands projets d'infrastructure et industriels, telles GE et United Technologies.

Les sociétés de grande réputation versant de bons dividendes permettent de réduire la volatilité du portefeuille, car les dividendes sont l'équivalent de revenus de loyer qui vont demeurer lorsque les marchés rencontreront un peu plus d'adversité.

Pour quelques années à venir, les marchés boursiers pourraient s'avérer ennuyants. Gardons à l'esprit que les gains faciles sont derrière nous. Ce que la Bourse offre encore de facile, ce sont les dividendes. Il faut les prendre.

À l'opposé, quels placements évitez-vous ces temps-ci?

Il faut éviter d'investir dans des compagnies dont l'activité repose sur des concepts qui n'ont pas encore fait l'objet d'une démonstration claire quant à leurs perspectives. Par exemple les secteurs de l'éolien, de l'énergie solaire et de l'automobile électrique. S'il faut éviter ces secteurs, c'est qu'il est très difficile de déterminer quelles sociétés auront du succès et lesquelles échoueront de façon lamentable.

Ces situations se produisent lors de grands changements industriels. Nous n'avons qu'à nous rappeler les secteurs des chemins de fer et de l'automobile au début du siècle. Et plus près de nous, l'époque des dotcoms. Règle générale, les individus ne peuvent pas se permettre de prendre ce genre de risque.

Nous venons de connaître trois très bonnes années boursières. Pas étonnant devant ces bons résultats que gestionnaires et investisseurs individuels bombent le torse et baissent la garde. Dans ces périodes, l'appétit pour le risque et le manque de discernement réapparaissent. C'est ce qu'il faut éviter.

Qu'est-ce que les marchés sous-estiment le plus actuellement?

Les marchés sous-estiment peut-être l'ampleur et la rapidité de la hausse éventuelle des taux d'intérêt. Ce n'est certes pas encore un facteur de tension sur les marchés, mais cela pourrait bien le devenir.

Par ailleurs, les marchés se sont avérés très résilients devant les risques économiques et géopolitiques au cours des derniers mois. Il est souvent sage de se méfier d'un trop grand excès d'optimisme.

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Daniel Chartier, CPA, CGA, est vice-président principal et conseiller en placement chez Valeurs mobilières Desjardins. À la tête d'une équipe de 7 personnes, ils gèrent des actifs totalisant 400 millions appartenant à 600 familles et organismes à but non lucratif.

Valeurs mobilières Desjardins est la filiale de courtage de plein exercice du Mouvement Desjardins. Les actifs sous gestion totalisent plus de 22 milliards.




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