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La Fed modère, les marchés soupirent

En tout, Guardian Capital gère 19 milliards en... (Photo Guardian Capital)

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En tout, Guardian Capital gère 19 milliards en actifs de ses clients-investisseurs.

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Chaque samedi, un financier répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre
son point de vue sur la Bourse et donne quelques conseils d'investissement. Cette semaine, Michele Robitaille, directrice des placements en actions canadiennes chez Guardian Capital.

À votre avis, quel est l'événement le plus significatif des derniers jours à la Bourse?

C'est l'annonce par la Réserve fédérale américaine (Fed) qu'elle prévoyait réduire progressivement son programme d'achat de bons du Trésor en l'ajustant au fur et à mesure de l'état de l'économie américaine.

Ce programme massif de 85 milliards par mois avait été instauré afin de soutenir la reprise économique aux États-Unis.

Mais en raison de sa taille, la continuité de cette intervention de la Fed devenait une source d'anxiété sur les marchés.

Par conséquent, l'annonce d'une réduction ajustée selon la conjoncture économique, plutôt qu'une réduction en ligne droite comme auparavant, a calmé un peu l'anxiété en Bourse envers un changement de cap à la Fed.

Quel indicateur suivez-vous le plus attentivement en ce moment?

Aux États-Unis surtout, je surveille l'indice des manufacturiers (ISM) et celui des directeurs d'achats dans les entreprises (PMI). Ces deux indices sont les plus immédiats pour signaler si l'économie est en expansion ou stagnante.

En ce sens, ces indices montraient récemment une certaine mollesse dans l'économie américaine, mollesse qui résulte surtout des restrictions budgétaires à Washington et de la faiblesse des résultats annoncés dernièrement par les entreprises pour leur premier trimestre.

Je m'attends à ce que cette mollesse économique aux États-Unis s'étire jusqu'au quatrième trimestre de cette année, peut-être jusqu'au début de l'an prochain.

Que feriez-vous avec plusieurs milliers de dollars à investir?

J'investirais de façon très graduelle et sélective, considérant le niveau de prix atteint sur les marchés, un peu surélevé à mon avis.

Cela dit, je concentrerais de nouveaux placements vers des actions à dividendes bien choisies, américaines d'abord, mais aussi mondiales.

Pour les actions canadiennes, à mon avis, les perspectives demeureront défavorables pour l'avenir prévisible.

Quant à des préférences sectorielles avec les actions, je demeure en mode «défensif» pour le moment. Ça veut dire une surpondération dans des secteurs comme la consommation et les technologies. Mais en contrepartie, une sous-pondération dans un secteur cyclique comme les matières premières et une pondération neutre envers le secteur de l'énergie.

Quel placement évitez-vous à tout prix?

Chez Guardian, nous demeurons très prudents envers le marché des titres à revenu fixe (obligations), autant ceux d'origine gouvernementale que d'origine corporative.

Le rendement de ces titres est devenu très bas, alors que leur risque de dévaluation s'accroît avec l'attente d'une éventuelle remontée des taux d'intérêt.

Bien sûr, tout portefeuille diversifié doit avoir une certaine composante en titres à revenu fixe. Mais j'éviterais d'en ajouter à ce moment-ci, parce que l'équation entre le risque et le rendement est trop défavorable aux investisseurs.

Qu'est-ce que les marchés sous-estiment le plus actuellement?

On néglige de considérer la faiblesse marquée de l'évolution des résultats d'entreprise au cours du premier trimestre de 2013, autant les revenus totaux que les bénéfices.

À première vue, ces résultats sont apparus conformes aux prévisions d'analystes. Mais c'était après que la plupart de ces prévisions eurent été révisées à la baisse!

Pendant ce temps, les marchés demeurent trop fixés sur les données économiques aux États-Unis et dans le monde, et sur les actions des principales banques centrales.

Pourtant, pour soutenir la tendance haussière en Bourse, ça prend une conjoncture favorable à la croissance des revenus et des bénéfices des entreprises. Surtout que la plupart des entreprises ont épuisé leurs moyens internes de baisses des coûts, afin de raffermir leur rentabilité malgré des revenus stagnants.

Dans ce contexte, je crois que la Bourse américaine, en particulier, est rendue un peu surévaluée à ce moment-ci.

Michele Robitaille est directrice des placements en actions canadiennes chez Guardian Capital, à Toronto. Elle supervise quelque 3,5 milliards en actif sous gestion, surtout investi en actions à revenus de dividendes.




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