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Sur le radar: en quête de valeur

Brian Pinchuk, de Lorne Steinberg Wealth Management... (Photo fournie)

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Brian Pinchuk, de Lorne Steinberg Wealth Management

Photo fournie

Richard Dufour

(Montréal) Chaque samedi, un financier répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Cette semaine, Brian Pinchuk de Lorne Steinberg Wealth Management à Montréal.

Quel a été l'événement le plus significatif des derniers jours à la Bourse?

On a pu constater cette semaine que les banques centrales continuent de montrer leurs muscles. Les investisseurs peuvent ainsi croire qu'elles vont continuer de tout faire pour maintenir les taux d'intérêt au plancher afin de stimuler l'économie. La BCE vient de réaffirmer sa position accommodante après avoir abaissé son taux à 0,5%. La Banque centrale d'Australie a rapidement emboîté le pas. Et il y a la Banque du Canada qui vient d'adoucir son ton en rappelant qu'elle a amplement d'espace pour abaisser le taux directeur. Avec autant d'appuis artificiels, il semble qu'on ait moins besoin de croissance économique réelle pour faire avancer les marchés!

Quel indicateur suivez-vous le plus attentivement?

Plusieurs investisseurs semblent accorder beaucoup trop d'importance à ce qu'on qualifie d'indicateurs clés comme le PIB, l'inflation, les mises en chantier et la production industrielle. En tant qu'investisseur de valeur, je tends à accorder moins d'attention au bruit macro et je me concentre davantage sur l'analyse micro. Les indicateurs économiques sont souvent très inexacts, peu représentatifs et ils sont sujets à plusieurs révisions. Ce n'est pas pour rien que vous entendez souvent des blagues à propos des prévisions économiques et sur le fait que ces dernières ont été inventées pour faire bien paraître les météorologues.

Cela dit, si j'avais un indicateur à choisir et à considérer plus que les autres, j'irais avec les données mensuelles sur l'emploi aux États-Unis. C'est probablement la statistique qui a le plus gros impact sur les marchés. Cette donnée nous aide à prendre le pouls des entreprises américaines qui représentent 80% des gens qui contribuent au PIB américain.

Que feriez-vous avec plusieurs milliers de dollars à investir?

Il ne fait aucun doute que le contexte actuel est difficile pour le placement. Les taux d'intérêt sont bas et plusieurs places boursières affichent un niveau record. J'estime que la plupart des cours boursiers sont déconnectés de la réalité économique. À part recommander de conserver une bonne position en argent liquide, je ne rendrais service à personne en mentionnant un titre en particulier. Il est important d'avoir une diversité en nombre, dans plusieurs secteurs et sur le plan géographique dans son portefeuille. En tant qu'investisseur de valeur, je recherche des titres que je juge sous-évalués de façon significative, comme le sont plusieurs exportateurs japonais. Il faut par ailleurs toujours garder en tête que la patience est une vertu dans le placement.

Quel placement évitez-vous à tout prix?

Les titres aurifères. La performance à long terme de la plupart des gros producteurs est misérable. Les coûts de production et de conformité environnementale ont beaucoup augmenté. Et ce n'est pas temporaire. De plus, la majorité des récentes découvertes exigent de plus grosses dépenses initiales que par le passé parce que le minerai est plus complexe à extraire. De ce fait, bien que le prix de l'once d'or demeure élevé, je ne vois pas de valeur dans ce secteur.

Qu'est-ce que les marchés sous-estiment le plus?

Assurément le Japon! C'est de loin le marché développé le moins cher sur la planète.

En 1989, le Nikkei (l'équivalent japonais du TSX) a touché un sommet de 38 000 points. Vingt ans plus tard, il se situe à 14 000 points. Beaucoup d'investisseurs évitent le Japon parce que son économie a virtuellement longtemps été en récession. On a pris de mauvaises décisions quant à la politique monétaire et il y a aussi eu des ennuis macros (endettement, démographie, déflation, etc.). Cependant, le bon moment pour investir est quand les titres sont mal aimés ou n'ont plus la cote. Au cours des dernières années, nous avons investi dans plusieurs exportateurs japonais qu'on a jugés grandement sous-évalués. Les titres sous-évalués ne le restent pas éternellement.




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