Le principe du tire-bouchon - visser une vrille et tirer - date de plus de 200 ans.

Existe-t-il une façon simple et peu encombrante de réussir cette performance avec le minimum d'efforts, spécialement pour les personnes âgées?

Selon le designer industriel Claude Mauffette, qui conçoit (entre autres) des tire-bouchons depuis près de 20 ans, le modèle le plus convivial est sans doute celui à longue vrille, dit Screwpull, inventé et breveté au tournant des années 80 par un ingénieur texan. «Il faut tourner beaucoup mais ce n'est pas forçant et ça ne requiert aucune dextérité», dit-il. Il suffit d'enfiler l'appareil sur le goulot de la bouteille, d'appliquer la vrille contre le bouchon, et de tourner la poignée, toujours dans le même sens, pour le faire monter sur la vrille jusqu'à ce qu'il émerge entièrement de la bouteille. La vrille est enduite de téflon afin de réduire la friction. «Lorsque la vrille perfore le bouchon, aucun débris ne tombe dans la bouteille car la vrille est extrêmement pointue et n'a aucune adhérence», explique le designer.

 

Simple, en effet, mais il y a toujours moyen de compliquer. Témoin, le tire-bouchon à longue vrille de la gamme Good Grips, d'Oxo, qui prétend faire des ustensiles à prise confortable. Pour couper la capsule qui couronne la bouteille, il incorpore dans ses flancs deux petites lames circulaires, montées sur des doigts mobiles moulés à même les parois. Elles fonctionnent mal et nuisent à la préhension de l'appareil.

Plus sobrement, Claude Mauffette a créé un élégant tire-bouchon à longue vrille pour la firme Trudeau. Ses parois sont garnies de plaques d'élastomère qui facilitent la préhension et augmentent l'adhérence à la bouteille.

L'idée du mouvement rotatif continu s'est concrétisée en un autre principe, cette fois à double vis, sur le tire-bouchon espagnol Valira. On enfonce la vrille dans le bouchon jusqu'à ce que l'engin bute contre le goulot. L'extraction est alors produite par un large pas de vis interne. On évite ainsi de transpercer le bouchon. Cependant, le pas de vis, trois fois plus long que la spire d'une longue vrille, exige moins de tours mais plus de couple pour extraire le bouchon.

Parmi les tire-bouchons de sommeliers, ou limonadiers, Claude Mauffette signale le modèle Pulltap's, distribué dans les succursales de la SAQ. «C'est le meilleur limonadier et le plus vendu dans le monde», affirme-t-il. Il comporte un levier articulé à deux points d'appui. Le premier, plus court, sert à extraire le bouchon à moitié. Le second permet de terminer le travail sans effort.

Si on dispose du budget et de l'espace de rangement appropriés, on pourra opter pour les appareils automatiques. D'abord brevetés par Screwpull, ces tire-bouchons d'ingénieur enfoncent la vrille et extraient le bouchon d'un simple mouvement de levier. Claude Mauffette a planché pendant des mois avant de trouver une façon de contourner ce brevet. Son modèle Trulever, réalisé pour Trudeau, utilise un système de blocage par engagement conique pour empêcher la rotation de la vrille lors de l'extraction. Parmi les 26 tire-bouchons testés en 2007 par une revue allemande, le Trulever a terminé au premier rang.

En plus, il est joli.