Quatre des cinq chefs des partis représentés à l’Assemblée nationale ont répondu aux questions des jeunes du Québec vendredi soir à Montréal. Ils ont abordé des thèmes variés allant des changements climatiques au logement, en passant par l’immigration et les relations avec les peuples autochtones, dans une soirée marquée par l’absence du premier ministre François Legault.

Publié le 20 août
Frédérik-Xavier Duhamel
Frédérik-Xavier Duhamel La Presse

« On aurait aimé avoir le premier ministre avec nous, mais [il] a décliné l’invitation », a lancé d’entrée de jeu le directeur du Devoir, Brian Myles, qui animait la discussion organisée par ce journal et l’Institut du Nouveau Monde (INM) à l’Université Concordia.

La cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, le co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, et le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, ont tour à tour répondu aux questions sélectionnées ou soumises par Le Devoir et l’INM. Ils ont largement réitéré les engagements de leurs partis sans s’affronter directement lors de ce « dialogue jeunesse ».

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Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

C’est M. St-Pierre Plamondon qui a répondu à la première question, qui portait sur le logement, en reprenant l’engagement du PQ de construire 5000 nouveaux logements sociaux par année et d’imposer des mesures fiscales visant à décourager la spéculation. Sur la question de la parité, M. St-Pierre Plamondon a vanté l’histoire de son parti, qui a notamment fait adopter la Loi sur l’équité salariale, et n’exclut pas de légiférer afin de forcer les conseils d’administration du secteur privé à tendre vers la parité hommes-femmes.

Questionné sur le décrochage scolaire, le chef du PQ a rappelé sa demande plus tôt cette année sur l’accès gratuit aux sports, qui a été « un facteur de rattachement » pour M. St-Pierre Plamondon. Il a également dit vouloir réduire les ratios élèves-enseignants « le plus possible » et accroître la présence des autres professionnels comme les psychologues. Il a enfin souligné l’importance de la santé mentale et du rôle potentiellement néfaste des réseaux sociaux, sans faire d’engagements précis.

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Prise de parole de Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec

Pour améliorer le système de santé, Mme Anglade a dit vouloir mettre plus de ressources en première ligne et s’assurer que tous les Québécois aient un médecin de famille. Elle a également mis de l’avant l’importance de « l’universalité des soins en matière de santé mentale ». Questionnée sur la « négligence institutionnelle » de la direction de la protection de la jeunesse (DPJ), la cheffe libérale s’est engagée à adopter toutes les recommandations de la commission Laurent, mise sur pied dans la foulée de l’homicide d’une fillette de 7 ans à Granby en 2019.

À propos de ce que le Québec devrait faire pour contrecarrer « des projets pétroliers que Canada pourrait essayer de nous imposer », Mme Anglade a parlé de son projet ÉCO, qui vise notamment à atteindre la carboneutralité et à développer la filière de l’hydrogène vert pour le transport de marchandises. Enfin, sur la liberté universitaire, elle a souligné l’importance de pouvoir se sentir à l’aise de partager son opinion dans un cadre respectueux sans avancer de proposition particulière.

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Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire

M. Nadeau-Dubois a d’abord eu à faire part de ses engagements pour la réconciliation avec les peuples autochtones. Il a souligné la présence de six candidats autochtones de QS aux prochaines élections, dont Maïtée Labrecque-Saganash dans Ungava, avant de soutenir que le programme de la réconciliation devrait être décidé par le leadership autochtone, et non par le chef de gouvernement québécois. Le co-porte-parole solidaire s’est néanmoins engagé à adopter le « principe de Joyce », ce à quoi le gouvernement de François Legault a renoncé l’an dernier, et à reconnaître un statut particulier aux langues autochtones.

Sur l’intégration des nouveaux arrivants, M. Nadeau-Dubois a dit vouloir miser sur la francisation en milieu de travail rémunéré, la valorisation de la culture québécoise et l’immigration en région, qu’il voudrait d’ailleurs voir augmenter. Pour s’attaquer à la pénurie de main-d’œuvre, le député de Gouin a dit vouloir rehausser les conditions de travail dans le secteur public et a appelé à une hausse du salaire minimum à 18 $ l’heure. Enfin, pour favoriser la participation électorale des jeunes, M. Nadeau-Dubois s’est engagé à faire passer l’âge légal du droit de vote à 16 ans plutôt que 18.

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Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec

De son côté, M. Duhaime a dû d’abord répondre à une question – sélectionnée au hasard – sur son plan pour contrer la désinformation. Le chef du PCQ a blâmé un « déficit démocratique », soulignant qu’un grand nombre de Québécois s’étaient opposés aux mesures sanitaires en vigueur lors de la pandémie sans que leurs voix trouvent écho à l’Assemblée nationale. Il a également accusé le premier ministre François Legault d’attiser les clivages sur ce plan. Concernant l’accès aux garderies, M. Duhaime a repris son engagement de verser 200 $ par semaine par enfant aux parents afin qu’ils choisissent un service approprié.

À une question sur les mesures à prendre face aux changements climatiques, le chef conservateur a dit vouloir privilégier l’électrification des transports, qui représentent plus de 43 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) de la province. Il a affirmé que ce chantier pourrait être financé par les ressources du Québec, précisant plus tard faire allusion au gaz de schiste et aux autres hydrocarbures, dont l’exploitation est désormais interdite ici. Dans la même veine, M. Duhaime s’est dit opposé à l’idée de fermer la Fonderie Horne, jugeant toutefois la situation actuelle inacceptable pour la santé des gens.