(Québec) Le Parti québécois déposera dans les prochaines semaines une « Politique nationale d’accès à la propriété et au logement convenable ». Ce plan comportera des propositions pour s’attaquer à « la crise du marché locatif et de l’accès à la propriété » en augmentant l’offre de maisons neuves et existantes, en taxant les acheteurs étrangers et en imposant davantage les vendeurs qui font de la spéculation immobilière.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

En entrevue avec La Presse, le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon accuse le gouvernement de « ne pas saisir la portée de la crise très grave » qui sévit en matière de logement. Le premier ministre François Legault a de nouveau refusé jeudi de parler d’une « crise du logement », concédant toutefois qu’il « manque de logements abordables » au Québec.

Dans un premier temps, le PQ propose de stimuler la construction de maisons neuves en s’attaquant au prix des matériaux de construction. « Pour l’instant, les matériaux coûtent trop cher. On a offert au gouvernement d’ajouter une clause Priorité Québec sur nos exportations de bois, de manière à ce que notre bois ne s’en aille pas complètement aux États-Unis et qu’on ne soit pas en pénurie au Québec, ce qui cause une hausse du prix des matériaux vertigineuse », affirme M. St-Pierre Plamondon.

Selon lui, les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) permettent cette pratique pour protéger ou pallier une pénurie sur un marché.

Le chef péquiste propose également d’éviter l’accélération des dépenses en infrastructures en période préélectorale pour mieux les étaler dans le temps.

PHOTO PAUL CHIASSON, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Si les dépenses sont constantes, on aura moins de problèmes de pénurie de main-d’œuvre et d’inflation sur les matériaux.

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

La politique nationale que déposera le PQ doit aussi inclure la proposition du parti de construire 5000 nouveaux logements sociaux par année pour un minimum de quatre ans, en plus des 15 000 nouveaux logements confirmés par le gouvernement, mais dont une majorité n’est toujours pas réalisée.

Maisons existantes

Paul St-Pierre Plamondon propose également de stimuler la vente de maisons existantes en diminuant de 50 à 30 %, pour une période d’un an, l’imposition sur le gain en capital pour les propriétaires qui vendent une propriété détenue depuis plus de deux ans.

On vient dire aux vendeurs que s’ils pensaient vendre leur maison, ça n’a jamais été un meilleur moment pour [la] mettre sur le marché. On vient stimuler l’offre de maisons sur le marché.

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Le chef péquiste souhaite aussi influencer la demande, qui est « trop forte parce qu’il y a des spéculateurs qui n’utilisent pas l’achat de maisons à des fins familiales, mais à des fins spéculatives ».

Pour y parvenir, il propose d’imposer une taxe de 15 % aux investisseurs étrangers qui veulent détenir ou acheter un bien immobilier au Québec. M. St-Pierre Plamondon souhaite également « augmenter l’imposition sur le gain en capital de 50 à 100 % pour ceux qui vendent une résidence secondaire détenue depuis moins de deux ans ».

Dans sa politique sur le logement, le PQ proposera également de rendre obligatoires les inspections avant la vente d’une propriété et d’interdire le temps de la crise sanitaire les « rénovictions », c’est-à-dire les situations où un propriétaire évince un locataire pour entreprendre des rénovations du logement.