Conseiller et candidat de l’Action démocratique du Québec (ADQ) en 2003, Éric Duhaime reprend des promesses phares de ce parti à l’époque dans sa plateforme électorale.

Mis à jour le 12 août
Tommy Chouinard
Tommy Chouinard La Presse

Le chef conservateur s’engage à donner beaucoup plus de place au privé en santé et à réformer le financement des écoles et des garderies comme le proposait l’ADQ de Mario Dumont il y a 20 ans.

Le Parti conservateur du Québec (PCQ) veut « permettre à tout citoyen de souscrire volontairement à une assurance complémentaire privée couvrant les actes médicaux et chirurgicaux », peut-on lire dans sa plateforme électorale dont le dévoilement complet se fera dimanche, à Drummondville.

Une personne souscrivant une telle assurance pourrait se tourner vers le privé pour recevoir des soins et éviter la liste d’attente du réseau public.

« Tout citoyen pourra, à son choix, se prévaloir de la couverture offerte par son régime d’assurance privé, y compris pour les soins déjà couverts par la RAMQ », la Régie de l’assurance maladie du Québec. « Pour tout soin non couvert par de tels régimes privés, ou encore pour les citoyens qui ne voudraient pas ou ne pourraient pas se prévaloir d’un régime privé, l’État québécois continuera d’offrir la couverture qui existe déjà », précise le PCQ.

Pour « faciliter l’émergence de ce marché d’assurance privée », un crédit d’impôt serait offert afin de réduire la facture des primes.

Le PCQ veut également que la RAMQ « rembourse des soins médicaux dispensés dans le secteur privé après des délais d’attente au secteur public jugés déraisonnables ».

Plus de privé en santé

Un gouvernement conservateur permettrait aux médecins d’exercer à la fois au public et au privé, lancerait un projet pilote d’hôpital entièrement privé, confierait la gestion de certains hôpitaux à des « institutions privées chevronnées » et encouragerait « des investisseurs locaux et étrangers à construire de nouvelles infrastructures en santé ».

Le PCQ soutient qu’il préserve le « droit à un accès universel aux soins médicalement requis » et que sa proposition réduirait les listes d’attente au public.

Ouvrir plus grand la porte du privé en santé était au cœur du programme de l’ADQ. Pour avaler ce parti en 2011, la CAQ avait accepté de s’engager à mettre sur pied un projet pilote instaurant la pratique médicale mixte si elle était élue – ce projet pilote n’a finalement jamais vu le jour. Le PCQ – fondé en 2009 – cherche depuis à occuper l’espace à droite sur l’échiquier politique libéré par la disparition de l’ADQ.

Le parti d’Éric Duhaime promet la création d’un autre régime d’assurance, cette fois pour « les soins de longue durée pour toute personne de plus de 65 ans », dont les soins à domicile. Cette assurance serait « étatique ou privée », indique le parti sans donner de détails.

Le PCQ veut plus de médecins et s’engage à « augmenter le nombre d’admissions en médecine de 300 à 500 par an ». Cette année, 969 nouveaux étudiants sont admis en médecine.

Une « dérive » durant la pandémie

Le PCQ juge que le Québec a connu une « dérive liberticide et autoritaire » durant la pandémie. Il veut « protéger les droits civiques » en inscrivant dans la Loi sur la santé publique « la primauté de la Charte québécoise des droits et libertés sur toute autre disposition législative ». Or, cette primauté de la Charte existe déjà. Et jusqu’ici, les poursuites soutenant que les mesures sanitaires violent la Charte ont échoué devant les tribunaux.

Pour le PCQ, il faudrait l’accord de 80 % de tous les députés de l’Assemblée nationale pour prolonger l’état d’urgence sanitaire, et ce, tous les 30 jours. La loi actuelle permet au gouvernement de le renouveler par décret, ce que François Legault a fait.

En matière de famille et d’éducation, le PCQ propose une révision majeure du financement des garderies et des écoles. Il mettrait en place des bons de garde et des bons d’éducation comme le proposait l’ADQ en 2003 – la formation avait abandonné ces idées plus tard.

Le PCQ promet de « verser d’ici la fin d’un premier mandat un bon de 200 $ imposable par semaine et par enfant admissible pour assumer les frais de garderie. Les parents pourront alors choisir pour leur enfant le mode de garde qui leur convient le mieux : CPE, garderie privée ou garderie familiale ». Ce bon remplacerait le financement public des services de garde. Et lorsque le bon sera pleinement implanté, « le tarif quotidien sera déréglementé et les garderies pourront fixer elles-mêmes le prix exigé pour leurs services ».

Le PCQ est imprécis sur sa réforme, pourtant très importante, du financement du réseau scolaire. Il se contente de dire qu’il veut « instaurer un système de bons en éducation permettant à tous les parents de choisir la meilleure école pour leurs enfants, que cette dernière soit privée ou publique ». « Le financement de l’école passera par les parents », dit-il.

En savoir plus

  • 2 %
    Baisse d’impôt promise par le PCQ pour les contribuables gagnant moins de 92 000 $. De son côté, le Parti libéral s’est engagé à réduire de 1,5 % le fardeau de ces contribuables – ce qui représente selon lui jusqu’à 1000 $ –, au coût de 2 milliards. François Legault fait miroiter une promesse d’allègement fiscal.
    Source : Parti conservateur du Québec