(Pictou) Les premiers ministres des provinces de l’Atlantique pressent Ottawa de rendre une décision de façon imminente concernant le financement d’un corridor d’énergie hydroélectrique pour toute la région. Ils ont souligné, mercredi, qu’un tel projet d’envergure prendra du temps à ériger alors que l’échéance pour atteindre les cibles climatiques arrive à grands pas.

Mis à jour le 29 juin
La Presse Canadienne

Le projet de « boucle atlantique », estimé à 5 milliards, relierait les quatre provinces à l’hydroélectricité du Québec et du Labrador. Ce chantier est considéré comme un élément clé parmi une variété d’énergies alternatives dans la région.

Les quatre premiers ministres de la région étaient réunis mercredi à Pictou, en Nouvelle-Écosse, pour une rencontre du Conseil des premiers ministres de l’Atlantique.

L’hôte de la rencontre, le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, a déclaré que bien que les pourparlers se poursuivent, les premiers ministres ont besoin de « clarté » de la part du gouvernement fédéral sur les délais et la participation d’Ottawa pour ce projet qu’il qualifie de « crucial ».

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Andrew Furey, a déclaré de son côté que le projet devait démarrer « assez rapidement » en raison de sa taille et de ses impacts dans toute la région. Il a donné en exemple le projet de centrale de Muskrat Falls pour illustrer la complexité de ce qui les attend.

« Ces (mégaprojets) ne se concrétisent pas en une nuit. Il faut beaucoup de temps d’analyse, de planification, d’études de génie et ça prend tout simplement beaucoup de temps pour les construire », a-t-il énuméré.

M. Furey estime qu’il est temps d’élaborer un plan plus détaillé autour du projet de « boucle » alors que les provinces de l’Atlantique s’efforcent d’atteindre des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. « Et si ces objectifs ne sont que des idéaux inatteignables, il faut le dire à la population et être réaliste », a-t-il insisté.

Andrew Furey aimerait aussi que les provinces demeurent ouvertes aux énergies alternatives parce que la boucle n’est qu’un morceau du casse-tête pour combler le besoin en énergie verte.

Une étude dévoilée le mois dernier par l’organisme Ecology Action Centre, établi à Halifax, vient appuyer cette affirmation du premier ministre terre-neuvien. Le document souligne que la région a besoin d’une approche énergétique équilibrée et pas uniquement dépendante de la boucle.

Une variété de sources d’énergie renouvelable serait particulièrement importante pour la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick, les deux seules provinces de la région qui ont toujours des centrales au charbon en opération. Les deux provinces se sont engagées à les fermer d’ici 2030.

De plus, le premier ministre néo-brunswickois s’intéresse sérieusement à l’exploitation d’hydrocarbures comme le gaz naturel liquéfié ainsi que de forages pétroliers au large des côtes.

Entente en santé

Par ailleurs, les premiers ministres des provinces de l’Atlantique ont également renouvelé leur engagement à agir avec leurs homologues des autres provinces, par le biais du Conseil de la fédération, dans le dossier du financement de la santé.

Les premiers ministres demandent toujours au gouvernement fédéral d’augmenter sa part de financement de 22 % à 35 %, par le biais du Transfert canadien en matière de santé.

Le premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard, Dennis King, a mentionné que des discussions se poursuivaient afin de déterminer la meilleure manière de mettre des ressources de santé en commun dans la région alors que les délais d’attente augmentent et que la pénurie de personnel affecte tout le monde.

La prochaine rencontre du Conseil de la fédération aura lieu les 11 et 12 juillet prochains à Victoria, en Colombie-Britannique.