(Calgary) Plus de 30 personnes ont pu survivre à une surdose grâce à un service national offrant un soutien d’urgence par téléphone aux consommateurs de drogue.

Publié le 8 janvier
Alanna Smith La Presse Canadienne

Selon les données du Service national d’intervention en cas de surdose (SNIS), les bénévoles de l’organisme ont répondu de décembre 2020 à octobre 2021 à 33 appels provenant d’une personne dont la vie était en danger.

Les appels de suivi ont confirmé que les effets de ces surdoses avaient été annulés.

Le SNIS permet à des personnes ayant consommé une drogue potentiellement mortelle d’appeler des bénévoles. Ceux-ci les rappellent régulièrement et peuvent alerter le 911 en cas de pépins majeurs.

L’appelant peut aussi fournir à l’avance le nom d’une personne possédant de la naloxone et restant près de chez lui, ce qui peut aider à sauver une vie dans une région isolée où le temps d’intervention des services d’urgence peut être long.

« Si ces personnes consomment sans aucun appui, elles pourraient perdre leur vie », constate le Dr Monty Ghosh, un médecin albertain.

Le Dr Ghosh a lancé le service en collaboration avec Brave Technology Co-op et Grenfell Ministères en décembre 2020. Jusqu’à présent, aucun client n’est décédé en utilisant la ligne d’urgence, soutient le SNIS.

« Il y a tant de morts au pays et il y a tant de "statistiques effroyables" que c’est un soulagement de constater qu’une personne a utilisé notre service et qu’elle continue de vivre », souligne Oona Krieg de Brave Technology Co-op.

L’entreprise, établie en Colombie-Britannique et en Ohio, utilise des moyens technologiques pour protéger des consommateurs de drogue.

Les données du gouvernement fédéral indiquent que 3500 personnes sont mortes d’une surdose d’opioïde au cours des six premiers mois de 2021. On s’attend à ce que 2021 soit la plus meurtrière dans ce domaine depuis que l’on compile ces données, soit 2016.

Mme Krieg croit que le succès repose sur la création d’un lien à une époque où l’isolement des personnes a crû à cause de la pandémie de COVID-19.

« Nous savons que la consommation de drogue s’accompagne d’une déconnexion avec la collectivité », ajoute Kim Ritchie, la directrice générale des Grenfell Ministères, une organisation de Hamilton qui vise à fournir un soutien aux communautés marginalisées.

Cette ligne d’urgence est un des moyens permettant de faire baisser le nombre de surdoses, dit Mme Krieg.

Le SNIS compte sur plus de 100 bénévoles et employés. Il en avait une vingtaine à ses débuts. La majorité d’entre eux ont déjà vécu, font encore l’usage de drogue ou ont travaillé en première ligne.

Pouvoir compter sur des pairs est crucial pour établir la confiance avec les clients. C’est la raison pour laquelle plusieurs ont eu recours plusieurs fois au service.

« Nous n’essayons pas de les guérir, explique Mme Ritchie. Tout ce que je peux dire à titre d’ancienne toxicomane et de travailleuse sociale, c’est que ces gens aiment consommer et qu’ils ne s’arrêteront pas de sitôt. Les punir, les ostraciser ou les enfermer, cela n’a jamais fonctionné. »

Au cours de sa première année d’existence, le service a reçu plus de 1500 appels de gens demandant de la supervision. Quelque 600 personnes ont appelé afin d’obtenir du soutien pour des troubles mentaux.

La plupart des appels provenaient de centres urbains en Ontario et au Québec.

Le numéro du SNIS est le 1-888-688-NORS (6677).