(Abbotsford) La partie n’est pas encore gagnée dans le sud de la Colombie-Britannique, où la météo se montre toujours aussi peu clémente. Une autre tempête a frappé dimanche, provoquant un effet de yo-yo sur la plaine de la Sumas, où le niveau d’eau monte et redescend au gré des précipitations.

Publié le 29 nov. 2021
Éric-Pierre Champagne
Éric-Pierre Champagne La Presse

En fin d’après-midi, le ministère des Transports de la Colombie-Britannique a annoncé la fermeture de l’autoroute Transcanadienne entre Abbotsford et Chilliwack, craignant de nouveaux débordements sur la principale voie routière de la région.

Le fleuve Nooksack demeurait la principale source d’inquiétude dimanche à Abbotsford, dans le sud de la province.

Ce cours d’eau qui traverse la frontière entre le Canada et les États-Unis a débordé du côté américain, dans l’État de Washington, plus tôt dans la journée. Le maire d’Abbotsford, Henry Braun, se préparait au pire dans l’éventualité où une nouvelle crue déborderait dans la plaine de la Sumas.

« Nous sommes aussi prêts qu’on peut l’être, a-t-il répété au cours de son point de presse quotidien. Selon le maire, grâce aux travaux réalisés dans les derniers jours, la digue censée protéger la plaine est dans un meilleur état qu’elle ne l’était avant la première inondation. La seule chose qui nous manque, c’est que la pluie cesse. Mais on n’a aucun contrôle là-dessus. On ne peut pas arrêter la pluie. »

Très tôt dimanche matin, la Ville d’Abbotsford a publié un ordre d’évacuation pour le quartier Huntingdon, situé aux limites de la frontière américaine. Un avertissement que les résidants du quartier semblaient prendre avec un grain de sel lors du passage de La Presse.

Quelques curieux venaient vérifier l’état des lieux sur la 2Avenue, d’où l’on peut voir les maisons du côté américain. Une résidante du quartier a affirmé que bien des gens ne partiraient pas avant de voir l’eau arriver sur le pas de leur résidence. De l’autre côté de la rue, une femme faisait son jogging matinal pendant que policiers et ambulanciers venaient évacuer une femme en fauteuil roulant.

Dans la plaine de la Sumas, Sandy Otto redoublait d’efforts de son côté dans l’espoir de protéger la maison où habite sa mère. L’homme s’affairait à déplacer des pierres avec sa pelle pour empêcher l’eau de se répandre dans la résidence située à flanc de montagne. Le ruisseau qui coule en temps normal juste à côté s’est transformé en véritable torrent qui déborde à travers les arbres.

« C’est plus l’eau qui vient de la montagne qui m’inquiète cette fois que l’inondation dans la plaine, lance M. Otto. Là, j’ai peur pour la maison de ma mère. »

L’eau coule en effet abondamment à partir des hauteurs, a pu constater La Presse. Dans cette partie de la plaine, cependant, le niveau semble avoir diminué depuis la veille. On peut apercevoir de nouveaux véhicules qui n’étaient pas visibles ou encore des réservoirs d’essence. Les autorités s’attendaient néanmoins à voir remonter le niveau de l’eau dans la plaine de la Sumas en raison des fortes précipitations du week-end.

À quelques minutes de là, une famille simule un exercice d’évacuation à bord d’un canot. Impossible d’accéder à leur domicile par la route : ils peuvent néanmoins accoster chez leur voisin. « Les enfants sont anxieux, les parents font un exercice pour les rassurer », explique l’un des voisins croisés par La Presse.

Quelques maisons plus loin, Herman Hystek, un colosse aux allures de joueur de football, s’estime chanceux. L’homme, qui possède une entreprise d’installation de portes de garage, a été inondé partiellement. L’eau a réussi à entrer dans son atelier, mais sa maison juste à côté a été épargnée.

Sa voisine a eu moins de chance. La résidence qu’elle habite depuis 56 ans a été complètement inondée, explique M. Hystek. Une pompe évacuait l’eau du sous-sol dimanche matin.

« Même si on savait qu’on habite une plaine inondable, on n’avait jamais vu ça avant, une tempête comme ça. Mon beau-frère qui a une ferme plus loin a tout perdu. »