(Ottawa) Le gouvernement canadien exhorte ses ressortissants à quitter l’Éthiopie, au plus vite.

Publié le 26 nov. 2021
La Presse Canadienne

« Le Canada s’inquiète de la détérioration rapide des conditions de sécurité en Éthiopie », écrit, dans un communiqué publié vendredi matin, la ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly.

Depuis une semaine, Ottawa conseillait aux citoyens canadiens d’éviter tout voyage dans ce pays est-africain. L’appel de la ministre Joly prend maintenant un ton beaucoup plus urgent.

« Nous demandons maintenant aux Canadiens qui s’y trouvent de quitter immédiatement le pays s’il est sécuritaire de le faire. La disponibilité des vols commerciaux pourrait bientôt devenir limitée si la situation continue de s’aggraver », a-t-elle déclaré.

L’ambassade canadienne à Addis Abeba est encore fonctionnelle. Cependant, la ministre prévient que la capacité de ses diplomates en Éthiopie à fournir de l’aide consulaire est « limitée ».

Les combats qui secouent le pays depuis un an s’approchent de la capitale. Le conflit armé a vu le jour en novembre 2020 lorsque le gouvernement éthiopien a envoyé l’armée fédérale au Tigré. Depuis, le Front de libération du Tigré a repris le contrôle de tout ce territoire et a continué à avancer sur les autres régions du pays.

Jeudi, il y a eu manifestations devant les ambassades des États-Unis et du Royaume-Uni, à Addis Abeba, alors que le gouvernement éthiopien reproche à Washington de « propager de fausses nouvelles ».

Dans la journée de jeudi, la ministre Joly a contacté son homologue éthiopien pour tenter d’ajouter sa voix aux appels à la désescalade. Selon un résumé de l’entretien avec Demeke Mekonnen fourni vendredi par le bureau de la ministre, Mme Joly a partagé sa « profonde inquiétude » devant la « détérioration rapide de la situation en Éthiopie ».

Le ministre Mekonnen, qui occupe également le poste de vice-premier ministre en Éthiopie, a, selon le bureau de Mme Joly, assuré qu’il a déjà fait des efforts pour que l’aide humanitaire arrive au Tigré « sans délai ».

Le Canada réclame un accès humanitaire « sans entrave » sur l’ensemble du territoire éthiopien.