(Montréal) Quelques centaines de personnes ont manifesté samedi dans la capitale canadienne pour réclamer une enquête indépendante sur les pensionnats pour autochtones, après la découverte récente de sépultures anonymes à proximité de plusieurs de ces établissements.

Agence France-Presse

Les manifestants se sont rassemblés sur la colline du Parlement à Ottawa à l’appel de deux députés fédéraux du Nouveau Parti démocratique (NPD).

« Les peuples autochtones ont besoin de vérité et de justice : cela veut dire un procureur spécial et une enquête indépendante, avec la présence d’observateurs internationaux, sur les crimes du Canada contre les peuples autochtones », a souligné la députée du Nunavut Mumilaaq Qaqqaq, dans un message sur Instagram.

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La députée du Nunavut Mumilaaq Qaqqaq

« Ça suffit ! Justin Trudeau et [le ministre de la Justice] David Lametti doivent arrêter de trouver des excuses et s’assurer que nous ayons un procureur spécial », a ajouté la députée.

Le NPD avait demandé début juillet au gouvernement du premier ministre Justin Trudeau de mettre en place un procureur spécial qui soit doté des pouvoirs et des moyens pour mener une enquête indépendante sur les pensionnats pour autochtones.

« Les gens ont été choqués par le nombre de tombes découvertes […] Ce ne sont pas des accidents. Cela représente une politique qui avait pour objectif la destruction d’un peuple », a déclaré de son côté le député Charlie Angus, à la chaîne publique CBC.

Depuis la fin mai, plus de 1000 tombes anonymes ont été découvertes près d’anciens pensionnats, remettant en lumière une page sombre de l’histoire canadienne et sa politique d’assimilation forcée des Premières Nations.

Quelque 150 000 enfants autochtones, coupés de leurs familles, de leur langue et de leur culture ont été enrôlés de force de la fin du XIXe siècle aux années 1990 dans 139 pensionnats, souvent gérés par l’Église catholique, à travers le pays.

Nombre d’entre eux ont été soumis à de mauvais traitements ou à des abus sexuels, et plus de 4000 y ont trouvé la mort, selon une commission d’enquête qui avait conclu à un véritable « génocide culturel ».