(Ottawa) Le ministre fédéral de l’Immigration, Marco Mendicino, a déclaré qu’il y aurait une nouvelle voie vers le Canada pour les réfugiés qui craignent d’être persécutés pour avoir défendu les droits de la personne.

Mia Rabson La Presse Canadienne

Le nouveau volet inclura toute personne confrontée à la persécution pour avoir milité pour les droits de la personne, avec un accent particulier sur les journalistes, les femmes et les défenseurs des droits des membres de la communauté LGBTQ et des personnes bispirituelles.

M. Mendicino affirme que nous vivons dans un monde où les droits de la personne et la démocratie sont « assiégés ».

Il dit que la plupart des gens pensent aux réfugiés qui sont déplacés de leur pays d’origine par les conflits et la guerre, mais ceux qui témoignent de ces tragédies ou défendent les droits de la personne peuvent également risquer l’arrestation, la torture et la mort.

Le nouveau volet sera ouvert à un maximum de 250 défenseurs des droits de la personne par an, y compris les membres de leur famille.

« De régimes autoritaires au crime organisé, les menaces n’ont jamais été aussi sérieuses », a déclaré M. Mendicino.

« Cela signifie que ceux qui défendent les droits de la personne ont plus que jamais besoin de notre protection. »

Le Canada s’associe à l’Agence des Nations unies pour les réfugiés et à des organisations internationales telles que Front Line Defenders et ProtectDefenders.eu, qui se spécialisent dans l’aide aux personnes menacées en raison de leur travail pour défendre les droits dans le monde.

Andrew Anderson, directeur général de Front Line Defenders, a souligné que le Canada est l’un des premiers pays à incorporer une reconnaissance spéciale des réfugiés défenseurs des droits de la personne, et qu’il va plus loin que tout autre gouvernement à ce jour.

« Nous espérons non seulement que cette initiative sera couronnée de succès et apportera un soutien indispensable aux défenseurs des droits de la personne qui en ont besoin, mais qu’elle sera également un exemple que d’autres gouvernements suivront afin d’assurer une protection internationale renforcée aux défenseurs des droits en danger », a-t-il affirmé.

M. Anderson a déclaré qu’il considérait également le programme comme une reconnaissance du rôle crucial, mais risqué, que jouent les défenseurs des droits de l’homme dans le monde.

Le président de ProtectDefenders.eu, Gerald Staberock, a déclaré que la plupart des personnes qui militent pour le respect des droits de la personne souhaitent rester dans leur pays d’origine et poursuivre leur travail. Mais pour certains, ce n’est plus possible.

« Je pense que c’est dans ces situations que ce programme fera une réelle différence pour les défenseurs des droits de l’homme, a-t-il soutenu. C’est comme un filet de sécurité, une option de sécurité qui est très, très importante. »

M. Mendicino a indiqué que les organisations aideront le Canada à identifier et à joindre les personnes ayant besoin d’une protection en matière de réinstallation. Les candidats doivent être recommandés au Canada par l’Agence des Nations unies pour les réfugiés et satisfaire aux exigences de vérification canadiennes, y compris les contrôles de sécurité et de santé.

Selon le ministre, il y a un besoin croissant de cette aide, en particulier pour les journalistes. Il espère que les premiers réfugiés dans le cadre du programme arriveront au Canada avant la fin de l’année.

« Nous avons constaté une tendance alarmante selon laquelle les journalistes en particulier font l’objet de menaces sérieuses en étant confrontés à l’intimidation, au harcèlement, à la torture et même à la mort », a déclaré M. Mendicino.

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) a recensé les meurtres de 65 journalistes dans 16 pays différents en 2020, dont 14 au Mexique, 10 en Afghanistan, 9 au Pakistan et 8 en Inde. En 2019, ils étaient au nombre de 49.

La FIJ a également indiqué qu’en mars, au moins 229 journalistes étaient en prison à cause de l’exercice de leur travail.