(Lytton) Une résidante de Delta, en Colombie-Britannique, propriétaire d’une maison à Lytton carbonisée par l’incendie de forêt qui a ravagé le village, a été bouleversée par la dévastation qu’elle a pu constater lors d’un passage dans la région vendredi.

Hina Alam La Presse Canadienne

Jennifer Thoss est l’une des personnes qui sont montées à bord d’un autobus dans le cadre d’une visite organisée par le district régional de Thompson-Nicola, afin d’avoir un aperçu de ce qui restait du village détruit par les flammes à la fin juin.

« On dirait que c’est de la poudre. C’est troublant », a-t-elle décrit.

L’autobus n’a traversé que la rue Main et les résidants n’ont pu y descendre, ce qui a causé « une certaine frustration » parmi eux, a mentionné Mme Thoss. Plusieurs auraient voulu voir l’ensemble de Lytton, situé au nord-est de Vancouver.

« La rue Fraser qui est parallèle à la rue Main est l’endroit où de nombreuses personnes qui étaient dans le bus vivaient ou avaient leur résidence, y compris moi-même, et cela ne faisait pas partie de l’itinéraire officiel, a-t-elle évoqué. Ils ont dit que c’était impossible. »

PHOTO DARRYL DYCK, LA PRESSE CANADIENNE

Plus tôt vendredi, le ministre fédéral des Transports, Omar Alghabra, avait ordonné l’arrêt de tout le trafic ferroviaire passant par Lytton pendant 48 heures, le temps que les résidants effectuent des visites escortées.

Le district régional a déclaré que l’accès sans surveillance à Lytton n’était pas sûre, mais des travaux avaient été effectués pour dégager une voie permettant aux résidents de traverser la région.

Le silence régnait à l’intérieur de l’autobus, a relaté Jennifer Thoss. Selon elle, certaines personnes ont choisi de ne pas faire la visite parce que c’était « trop émotif et trop tôt ».

L’un d’eux, Jeff Chapman, qui a perdu ses deux parents dans l’incendie, était présent quand le feu faisait rage. Il comprend que chacun a sa « propre façon de faire son deuil », ce que la visite a offert à certains, a-t-il dit.

« Je préférerais pleurer tout seul », a toutefois fait valoir M. Chapman.

Une autre résidante, Tricia Thorpe, a raconté s’être rebellée lundi pour aller récupérer ses animaux qui ont survécu à l’incendie : des chiots, des alpagas et des moutons.

Retrouver vivants neuf de ses chiots et son « chat dur à cuire, Simba » de 13 ans représente « des lueurs d’espoir », a-t-elle affirmé.

« Notre place a été rasée. C’était notre rêve de retraite. C’était triste », a commenté Mme Thorpe, dont la maison était à l’extérieur du centre de Lytton.

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Vue aérienne sur Lytton

Enquête du BST

Aucune cause de l’incendie qui a détruit une grande partie du village et tué deux personnes n’a encore été révélée, bien que les dirigeants autochtones locaux soutiennent que le passage des trains pendant des conditions de sécheresse a rendu les gens anxieux.

La visite a eu lieu au moment où le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a annoncé une enquête sur la cause de l’incendie, affirmant que de nouvelles informations indiquaient la possibilité qu’un train de marchandises ait provoqué cet incident tragique.

Plus de 200 incendies de forêt brûlent en Colombie-Britannique. Une récente vague de chaleur et des conditions desséchées se sont combinées pour augmenter le risque d’incendie dans de nombreuses régions de la province à un niveau élevé ou extrême.