Les dirigeants des provinces de l’Ouest canadien souhaitent faire pression cette semaine sur le premier ministre Justin Trudeau pour un plan détaillé et un calendrier pour rouvrir les frontières internationales.

Dean Bennett La Presse Canadienne

« Il existe un consensus absolu sur le fait que nous voulons revenir le plus rapidement possible à la normale, mais nous nous attendons également à ce que le gouvernement fédéral soit un chef de file sur cette question », a affirmé mardi le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan.

« Jeudi, nous nous attendons à ce que le gouvernement fédéral ait un plan, puis nous travaillerons à bâtir un consensus autour de cela », a évoqué M. Horgan à la suite d’une rencontre en ligne entre les chefs des quatre provinces de l’Ouest et des trois territoires du Canada.

M. Trudeau a convoqué les premiers ministres à une réunion jeudi pour discuter de la réouverture des frontières alors que le Canada est à la traîne par rapport aux autres pays pour la reprise des voyages.

Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, a évoqué que sa province visait à lever son avertissement contre les voyages interprovinciaux non essentiels au début du mois de juillet, mais qu’un plan prudent concernant l’international est aussi nécessaire.

« Nous devrions faciliter une réouverture en toute sécurité de la frontière américaine dès que nous le pouvons raisonnablement. J’aimerais que cela se produise début juillet », a soutenu M. Kenney, voyant que la fermeture « freine massivement » l’économie.

« Ce que nous voyons aux États-Unis, c’est que COVID ne constitue pas une menace importante pour la santé publique », a ajouté le chef conservateur.

Approche ciblée et progressive

Les deux premiers ministres provinciaux ont mentionné que le plan doit prendre en compte les points chauds internationaux qui restent.

« Nous devons avoir une approche ciblée à cet égard. Je pense que nous sommes tous d’accord pour dire que certaines parties du monde sont plus avancées que d’autres en termes de vaccination », a fait valoir M. Horgan.

« Je veux voir un plan clair du gouvernement fédéral sur la façon dont il va surveiller qui vient, comment ils viennent, par air, par terre, par mer. »

De son côté, le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, souhaite des clarifications prochainement pour les voyages, en particulier sur les règles de quarantaine pour ceux qui reviennent de l’étranger.

« C’est peut-être une approche progressive qui implique un test… je ne sais pas », a affirmé M. Moe, considérant aussi la réouverture des frontières comme un enjeu de relance économique.

À Ottawa, le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, a signalé que les Canadiens peuvent s’attendre à une annonce sur l’assouplissement des restrictions de voyage d’ici lundi, mais a averti que de nouvelles règles n’entreront pas nécessairement en vigueur immédiatement.

Il a souligné que les restrictions seront progressivement retirées, et ce, en fonction de l’augmentation des taux de vaccination et de la baisse du nombre de cas de COVID-19.

Les chefs d’entreprise ont également demandé à Ottawa une voie claire pour rouvrir l’économie et les frontières internationales. Le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Canada, Perrin Beatty, trouvait notamment aberrant que parmi les pays du G7, le Canada n’ait encore aucun plan de réouverture.

Durant leur conférence, les dirigeants de l’Ouest canadien ont également discuté du renforcement des transferts fédéraux en santé et des prochaines étapes dans le dossier des anciens pensionnats autochtones, notamment dans la recherche des restes d’enfants et pour accompagner les survivants.