(Ottawa) Un groupe de défense des droits de la personne a déclaré dans un nouveau rapport que l’Iran avait harcelé des familles de passagers tués à bord du vol 752 d’Ukraine International Airlines.

Stephanie Taylor La Presse Canadienne

L’organisme Human Rights Watch (HRW) a déclaré que de l’automne dernier à janvier, il s’était entretenu avec 31 membres de familles des victimes et avec « des personnes ayant une connaissance directe » de la manière dont les autorités iraniennes les traitaient.

En tout, 176 personnes ont été tuées lorsqu’un missile sol-air iranien a abattu un avion de passagers à destination de Kiev, quelques minutes après son décollage de Téhéran, le 8 janvier 2020.

Parmi les morts se trouvaient 55 Canadiens et 30 résidents permanents.

HRW a indiqué que les personnes avec lesquelles il s’est entretenu ont témoigné que les agences de sécurité iraniennes avaient maltraité les familles des victimes par le biais de détentions arbitraires, d’interrogatoires et d’intimidation.

Le rapport dit que 16 personnes ont déclaré que les responsables de la sécurité leur avaient fait des menaces pour les empêcher de parler aux médias étrangers ou avaient suivi des parents et amis qui assistaient aux cérémonies commémoratives.

« Les membres des familles ont affirmé que, dans plusieurs cas, les autorités ont interféré avec les funérailles et les services commémoratifs, faisant pression sur les familles pour qu’elles acceptent le statut de « martyre » du gouvernement pour leurs proches, et ont publié des photos et des vidéos sans l’autorisation des familles lors de ces offices », est-il écrit.

Une personne arrêtée a également été torturée, indique le rapport, qui détaille aussi comment, dans au moins trois cas, des proches ont été informés qu’ils subiraient des « conséquences » s’ils ne supprimaient pas des publications critiques du gouvernement sur les médias sociaux.

Dans une déclaration envoyée à La Presse Canadienne en soirée jeudi, Affaires mondiales Canada a accueilli favorablement « les efforts mis en place pour enquêter sur les actes d’intimidation complètement inacceptables du régime iranien et pour dévoiler ce que subissent les familles des victimes du vol PS752 ».

« La GRC a pris acte du fait que plusieurs familles ont reçu des menaces, du harcèlement et de l’intimidation, selon ce qui est mentionné dans le rapport », a ajouté un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

« La GRC encourage toutes les personnes qui craignent pour leur sécurité immédiate à contacter leur corps de police local. »

L’incident meurtrier s’est produit après que les États-Unis ont tué un haut responsable de l’armée iranienne, exacerbant les tensions dans la région.

L’Iran a d’abord nié sa responsabilité dans l’écrasement d’avion, mais a déclaré plus tard qu’il avait été abattu après avoir été identifié à tort comme une cible hostile, à cause d’une « erreur humaine ».

Le Canada se prépare à négocier avec l’Iran au sujet d'indemnisations.

La Cour supérieure de l’Ontario a statué la semaine dernière que l’attaque sur l’avion était un acte de terrorisme, ouvrant la voie à ce que des proches des victimes puissent demander une indemnisation à l’Iran.

Dans une dépêche transmise le 27 mai 2021 sur les familles des victimes du vol 752 d’Ukraine International Airlines victimes de harcèlement, La Presse Canadienne a rapporté à tort que le Canada se prépare à négocier avec l’Iran au sujet des rapatriements. En fait, le Canada se prépare à négocier avec l’Iran au sujet d’indemnisations.