(Montréal) Le Canada, qui avait déclenché une crise diplomatique avec l’Arabie saoudite après avoir dénoncé des arrestations de défenseurs saoudiens des droits de la personne en 2018, s’est dit mercredi « très soulagé » de la libération de la militante Loujain al-Hathloul.

Agence France-Presse

« Le Canada accueille positivement la libération de @LoujainHathloul et de Noof Abdulaziz », a réagi dans un tweet le ministère canadien des Affaires étrangères. « Nous sommes tous très soulagés de ce dénouement et nos pensées sont avec leurs familles et leurs proches. #DroitsDesFemmes ».

La militante saoudienne des droits de la personne Loujain al-Hathloul a été libérée mercredi après quasiment trois années passées en prison. Elle avait été arrêtée en mai 2018, avec d’autres militantes, peu avant la levée de l’interdiction de conduire faite aux Saoudiennes, une réforme pour laquelle ces femmes militaient.

Quelques années plus tôt, Loujain al-Hathloul avait étudié à l’université de la Colombie-Britannique, où elle avait obtenu une licence de français en 2014.

Le président de cette université, Santa Ono, s’est dit « encouragé » par l’annonce de sa libération.

« Nous continuerons à offrir notre soutien à sa famille et ses proches à la fois pour soutenir sa remise en liberté et pour l’égalité en Arabie saoudite — des objectifs qu’elle a défendus avant tant de courage », a-t-il déclaré dans un communiqué.

En août 2018, une crise diplomatique sans précédent entre Riyad et Ottawa avait éclaté après un tweet canadien demandant la « libération immédiate » de militantes des droits de la personne arrêtées peu avant en Arabie saoudite.  

Furieux, Riyad avait répliqué en expulsant l’ambassadeur du Canada et en prenant une série de mesures de rétorsion, notamment la suspension des relations commerciales.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères avait appelé le gouvernement canadien à corriger son « erreur », mais le premier ministre Justin Trudeau avait refusé de présenter ses excuses et réaffirmé sa volonté de défendre les droits de l’homme partout dans le monde.