(Ottawa) « Mensonges » et « désinformation » : le régime chinois est ulcéré par les accusations de « génocide » qui ont été formulées par un sous-comité de la Chambre des communes pour qualifier la situation de la minorité musulmane des Ouïghours au Xinjiang.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

« Ces déclarations sans fondement sont pleines de mensonges et de désinformation. Il s’agit d’une ingérence flagrante dans les affaires intérieures de la Chine et cela reflète l’ignorance et les préjugés de ces Canadiens. La Chine déplore et rejette fermement cela », a tempêté le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, en conférence de presse, jeudi.

Le représentant de Pékin a ajouté que le « soi-disant » génocide est une « rumeur », une « fabrication » émanant de « forces anti-Chine pour diffamer la Chine », brandissant la hausse de 25 % de la minorité ouïghoure au Xinjiang pour appuyer son propos. « Ce taux est plus élevé que dans l’ensemble de la population au Xinjiang, qui est de 14 % […] Comment peut-on parler d’un génocide ? », a-t-il balancé.

Le porte-parole réagissait à un constat auquel en est venu le sous-comité des droits internationaux de la personne dans un rapport qui a été rendu public mercredi.

« Le sous-comité condamne sans réserve la persécution des Ouïghours et des autres musulmans turciques du Xinjiang par le gouvernement chinois. À la lumière des témoignages qu’il a recueillis au cours de ses audiences, en 2018 et en 2020, le sous-comité est persuadé que les gestes du Parti communiste chinois constituent un génocide aux termes de la Convention sur le génocide », peut-on lire dans ce document.

Les parlementaires mentionnent avoir été « profondément perturbés » par les témoignages entendus dans le cadre de leur étude, notamment que « le gouvernement chinois emploie une variété de stratégies pour persécuter les groupes musulmans qui vivent au Xinjiang, stratégies qui comprennent notamment des détentions de masse, du travail forcé, une surveillance généralisée exercée par l’État et des mesures de contrôle démographique ».

Il est donc important que le Canada « condamne les mesures du gouvernement chinois à l’encontre des Ouïghours et des autres musulmans turciques du Xinjiang », « reconnaisse que les actes perpétrés contre les Ouïghours au Xinjiang constituent un génocide » et impose des sanctions de type Magnitsky aux officiels de Pékin qui violent les droits humains dans le cadre de cette campagne de répression des minorités, conclut le sous-comité.

Pékin invite Ottawa à faire précisément l’inverse, c’est-à-dire à se mêler de ses affaires, histoire d’éviter de refroidir encore davantage les liens déjà glaciaux entre les deux pays. Le gouvernement canadien doit ainsi « cesser de s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine », « faire preuve de prudence dans ses paroles et dans ses gestes » et « éviter les dommages additionnels aux relations Canada-Chine », a argué Zhao Lijian.