(Ottawa) À quelques jours d’un vote aux Nations unies qui déterminera si le Canada pourra obtenir le siège qu’il convoite au Conseil de sécurité, le ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne se rendra à New York pour s’assurer que la campagne que mène le gouvernement Trudeau depuis près de trois ans soit couronnée de succès.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

Le chef de la diplomatie canadienne doit arriver à New York samedi en fin de journée. D’ici au jour du vote, le 17 juin, il multipliera les appels et les rencontres afin de mousser la candidature canadienne en compagnie de l’ambassadeur du Canada à l’ONU, Marc-André Blanchard.

MM. Champagne et Blanchard continueront de faire valoir l’engagement du Canada envers la paix et la sécurité, les changements climatiques, l’égalité des genres, la sécurité économique et le multilatéralisme.

Le vote de mercredi est très attendu et est considéré par plusieurs comme un jugement de la politique étrangère du Canada menée par le gouvernement libéral de Justin Trudeau depuis son arrivée au pouvoir en 2015.

« La candidature du Canada pour obtenir un siège au Conseil de sécurité de l’ONU est fondée sur l’intime conviction que le Canada peut contribuer à élaborer des solutions concrètes aux enjeux mondiaux auxquels est confrontée la communauté internationale. Je serai à New York pour la dernière ligne droite avant le vote afin d’appuyer nos diplomates et de leur témoigner mon soutien et ma reconnaissance pour l’excellent travail qu’ils ont accompli au cours des quatre dernières années », a affirmé le ministre Champagne dans un communiqué de presse.

Le ministre effectuera le trajet de sa circonscription jusqu’à New York en voiture. Il a indiqué qu’il respectera toutes les directives des autorités sanitaires une fois sur place et qu’il respectera une période de quarantaine de 14 jours à son retour au pays.

Dans son groupe régional, le Canada se frotte à deux pays, la Norvège et l’Irlande, et la lutte s’annonce corsée. D’autant que ces deux pays européens peuvent se targuer de consacrer une part plus importante de leur budget respectif à l’aide étrangère et aux opérations de maintien de la paix – deux politiques qui sont chères aux Nations unies – que le Canada.

Le Canada a perdu sa dernière candidature à un siège au Conseil de sécurité en 2010 lorsque le Portugal, avec sa petite taille, a récolté davantage de votes. Le Canada a siégé six fois au Conseil, une fois au cours de chacune des six dernières décennies.

En 1999-2000, le Canada a fait campagne et a remporté le siège en misant sur la « sécurité humaine », une idée qu’a épousée Lloyd Axworthy, qui était à l’époque le ministre des Affaires étrangères ayant mené à la course.

En plus de ses cinq membres permanents — les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Russie et la Chine —, le Conseil est composé de 10 membres non permanents élus pour des mandats de deux ans.