(Ottawa) Une campagne visant à diversifier l’effectif de la GRC a ralenti l’an dernier, le corps policier éprouvant des difficultés dans sa tentative de devenir pleinement représentatif des collectivités qu’il surveille, selon des statistiques nouvellement disponibles.

Jim Bronskill
La Presse canadienne

Le rapport de la force de police nationale sur l’équité en matière d’emploi pour 2018-2019 indique que la diversité de l’effectif global de la GRC n’a « pas changé de façon significative » par rapport à l’année précédente.

La proportion de femmes, de minorités visibles et de personnes handicapées est également demeurée inférieure aux taux observés dans l’ensemble de la population active canadienne, tandis que la proportion d’employés autochtones constituait une exception notable.

« La diversité a toujours été un défi pour les forces policières au Canada, et la GRC ne fait pas exception », indique le rapport, récemment déposé au Parlement.

Le meurtre d’un Noir par la police dans le Minnesota a déclenché une vague mondiale d’appels aux forces de l’ordre pour s’attaquer fondamentalement au racisme et à l’oppression des minorités.

La commissaire de la GRC, Brenda Lucki, a reconnu vendredi qu’il y avait un racisme systémique qui n’épargnait pas la police fédérale, ce qu’elle avait évité de faire jusqu’à ce jour.

Justin Trudeau a déclaré vendredi que Brenda Lucki avait déjà réussi à faire progresser la GRC, mais il a ajouté qu’il fallait en faire davantage et plus rapidement à travers le pays pour s’assurer que les policiers, y compris la GRC, puissent mieux servir les Canadiens.

Le rapport indique qu’au 1er avril 2019, les taux de représentation parmi les membres réguliers de la GRC, par opposition aux employés civils, étaient de 21,8 % pour les femmes, 11,5 % pour les minorités visibles, 7,5 % pour les peuples autochtones et 1,6 % pour les personnes en situation de handicap.

Les chiffres sont assez cohérents avec les données de 2018 pour tous les corps policiers au Canada, note le rapport.

« La GRC doit continuer de s’efforcer d’accroître la diversité de ses effectifs en supprimant les obstacles qui empêchent d’attirer de nouveaux employés qui apporteront une plus grande diversité d’identités, de milieux, d’expériences et d’expertise. »

La GRC n’a pas répondu à une demande de commentaires sur le rapport.

Le plan de modernisation de la GRC, dirigé par Mme Lucki, indique que la présence d’une base d’employés plus représentative est essentielle à l’avenir de la force.

La GRC a tenté de combler les lacunes en ce qui a trait à l’équité en matière d’emploi par le biais d’initiatives, notamment un conseil consultatif interne, en favorisant une meilleure compréhension des traditions autochtones et en tenant compte des besoins des différents groupes confessionnels dans les exigences pour les uniformes et l’apparence.

Le rapport recommande de se concentrer sur l’identification des « facteurs de réussite » qui contribuent à l’avancement d’un agent au rang d’officier le plus élevé.

Atteindre les rangs plus élevés nécessite d’avoir accès aux bonnes occasions, aux bons réseaux et à une formation, d’obtenir l’approbation des autres hauts dirigeants, d’avoir les compétences linguistiques nécessaires et un équilibre entre ses obligations personnelles et les exigences accrues de la direction, ajoute-t-on.

Cependant, les membres des groupes sous-représentés « sont susceptibles de rencontrer des défis supplémentaires » à cet égard.

Ces facteurs indiquent qu’il est nécessaire d’établir rapidement le potentiel de leadership, afin que l’organisation soit bien placée pour aider les membres prometteurs à progresser, indique le rapport.