(Vancouver) Le nombre de décès mensuels liés à la consommation illicite de drogue en Colombie-Britannique a atteint un nouveau sommet en mai.

La Presse canadienne

Selon le bureau de la coroner de la province, pas moins de 170 personnes ont péri en mai. En février, le nombre de décès s’était élevé à 76. Depuis ce mois, les autorités disent que la concentration de fentanyl dans certaines drogues a augmenté.

Le nombre de décès en mai a augmenté de 93 % par rapport à la même période en 2019.

Le précédent sommet avait été établi en 2016 ; 161 décès avaient alors été rapportés.

Près de 4500 personnes sont mortes d’une surdose de fentanyl en Colombie-Britannique depuis 2016, année où les autorités ont décrété une urgence de santé publique à ce sujet.

Ces données ont poussé la coroner en chef de la province à demander au gouvernement fédéral de prendre des mesures aussi draconiennes que celles qu’il a décrétées pour combattre la COVID-19 pour faire face à cette situation.

« On ne peut pas s’empêcher de tracer ce parallèle : les drogues ont été plus coûteuses en vies humaines que la pandémie », a déclaré Lisa Lapointe.

Santé Canada n’a pas réagi à cette déclaration.

Selon Mme Lapointe, plusieurs de ces décès sont liés aux mesures prises pour combattre la COVID-19 qui ont convaincu les toxicomanes de ne pas rendre dans les emplacements d’injection supervisés et de consommer dans la solitude.

« Beaucoup sont morts en étant seuls. Certains n’avaient pas été découverts pendant une certaine période », a-t-elle déploré. La fermeture des frontières a aussi amené les trafiquants à produire des substances plus puissantes.

Cette augmentation survient après que les autorités provinciales eurent permis la vente d’un médicament comportant moins de risques en avril. Elles s’inquiétaient notamment des ventes de substances illégales plus toxiques depuis le début de la pandémie.

Selon les nouvelles directives provinciales, un médecin peut prescrire des médicaments de remplacement, comme l’hydromorphone, pour les consommateurs d’opioïde, mais selon certains observateurs, un plus grand accès à de l’héroïne de qualité pharmaceutique est nécessaire.

Mme Lapointe dit que ses services n’ont découvert aucun lien entre les prescriptions de produits plus sûrs et la hausse du nombre de décès par surdose. Des médecins ont exprimé des inquiétudes sur les médicaments ne faisant pas l’objet d’une prescription.

« Nous avons entendu qu’il existe des craintes parmi les médecins et les pharmaciens voulant que cette direction puisse les mettre à risque », a-t-elle reconnu.

Elle a ajouté que les médecins n’ont pas à craindre de perdre leur permis.

Le bureau de la coroner discutera de la question avec le Collège des médecins et des chirurgiens de la Colombie-Britannique, a annoncé Mme Lapointe.