(Toronto) Le premier ministre ontarien, Doug Ford, a fait marche arrière après avoir affirmé qu’il n’y avait pas au Canada un « racisme systémique aux racines profondes » comme aux États-Unis, admettant que l’Ontario a une histoire de racisme remontant à plusieurs décennies.

Shawn Jeffords
La Presse canadienne

M. Ford a tenu ces propos jeudi, en marge de l’annonce de la création d’un conseil sur l’égalité des chances, un nouveau groupe-conseil pour le gouvernement sur les façons dont les jeunes adultes peuvent surmonter les barrières sociales et économiques.

Le premier ministre a aussi dit que ses commentaires faits plus tôt cette semaine ont été mal compris et pris hors contexte, précisant qu’il était conscient d’un racisme systémique dans la communauté du nord de Toronto qu’il représente.

« Nous avons notre propre histoire de racisme en Ontario et ça dure depuis des dizaines d’années, a-t-il souligné. Vous pouvez reculer jusque dans les années 1960 ou 1970 et je sais que des gens en souffrent présentement. Je le vois. »

Lundi, M. Ford a été questionné au sujet des manifestations contre le racisme dans les villes américaines en réaction au meurtre de George Floyd, un homme noir, aux mains d’un policier blanc à Minneapolis.

Le premier ministre avait alors déclaré qu’à l’opposé de la situation aux États-Unis, la plupart des gens au Canada s’entendaient bien, travaillaient et magasinaient ensemble.

« Heureusement que nous sommes différents des États-Unis et que nous n’avons pas de racisme systémique profondément ancré comme ils en ont depuis plusieurs années », a-t-il déclaré, des propos qui lui ont immédiatement valu des critiques, autant d’autres politiciens que sur les réseaux sociaux.

« Bien sûr qu’il y a du racisme systémique en Ontario et à travers le Canada », s’est-il corrigé dès le lendemain.

M. Ford est revenu à la charge jeudi, indiquant que la société doit combattre le racisme en travaillant d’abord avec les plus jeunes.

Il a ajouté que le gouvernement ontarien allait octroyer 1,5 million à des organismes appuyant la communauté noire. Ces fonds seront distribués afin de répondre aux besoins urgents de cette communauté pendant la pandémie.

La leader du caucus noir du NPD provincial, Laura Mae Lindo, a qualifié ce fonds d’insignifiant et de « claque au visage ».

« Cette annonce est un autre signe que M. Ford ne prend pas au sérieux la lutte au racisme systémique », a-t-elle indiqué par communiqué.

Les législateurs libéraux Mitzie Hunter et Michael Coteau ont quant à eux demandé au premier ministre de rétablir le financement de la Direction générale de l’action contre le racisme et du Plan ontarien d’action pour les jeunes noirs.