La Gendarmerie royale du Canada (GRC) affirme avoir arrêté 14 personnes qui bloquaient un chemin forestier du nord de la Colombie-Britannique, empêchant l'accès à un projet de gazoduc.

Mis à jour le 8 janv. 2019
LA PRESSE CANADIENNE

Les policiers ont déclaré que les arrestations concernaient diverses infractions, notamment la violation d'une ordonnance d'injonction.

Ils allèguent également avoir aperçu un certain nombre d'incendies allumés le long de la route.

Des membres de la Première Nation Wet'suwet'en disaient avoir érigé un campement et un poste de contrôle dans la région, au sud-ouest de Houston, afin de contrôler l'accès.

Dans un communiqué publié un peu plus tôt, la GRC avait déclaré avoir « maintenu un dialogue avec les résidents du camp Unist'ot'en dans l'espoir que ceux-ci allaient obtempérer à l'injonction et retirer la barrière sur le pont de la rivière Morice ».

Or, la police dit s'être aperçue, vers 15 h, que la question ne pouvait être résolue et a décidé d'agir.

« Des zones d'exclusion et des routes sont fermées temporairement », a précisé la GRC.

Un peu plus tôt, le corps policier avait prévenu que des mesures seraient prises, lundi, pour faire respecter une injonction de la Cour suprême de la Colombie-Britannique exigeant le démantèlement d'une barrière et ordonnant à toute personne qui interfère avec le projet de Coastal GasLink, près du pont de la rivière Morice, de retirer tous les obstacles.

L'injonction laissait 72 heures aux manifestants pour retirer les obstacles, ce qu'ils n'ont pas fait, selon la police. Cela a empêché l'entreprise Coastal Gaslink Pipeline d'accomplir des travaux dans le secteur.

Le pipeline de cette filiale de TransCanada vise à transporter du gaz naturel liquéfié de la région de Dawson Creek vers Kitimat.

L'entreprise dit avoir signé des ententes avec toutes les communautés autochtones concernées pour construire le projet évalué à 40 milliards, mais les manifestants plaident que les dirigeants de la nation Wet'suwet'en n'ont pas donné leur consentement.

Selon un communiqué diffusé dimanche au nom du grand chef Stewart Phillip, de l'Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique, les cinq clans de la première nation Wet'suwet'en s'opposent à la construction de pipelines sur leur territoire.

« Les gouvernements provincial et fédéral doivent révoquer les permis de ce projet jusqu'à ce que les normes de consentement libre, préalable et informé soient respectées », a déclaré M. Phillip.

La GRC a indiqué que les résidants de la région de Houston remarqueraient une présence accrue des policiers en raison de l'injonction.

« Nous espérons qu'il n'y aura pas de violence ou de désordre alors que nous appliquons l'ordre de la cour. Cependant, la sécurité du public et des policiers est primordiale lors du maintien de l'ordre dans les manifestations, surtout en raison du secteur isolé dans lequel le pont est situé », a-t-elle indiqué.

Des zones d'exclusion et des fermetures de route pourraient aussi être décrétées dans le secteur.

« Ces zones seront clairement indiquées. Les médias et le public pourront rester autour du périmètre, mais personne ne pourra accéder aux zones d'exclusion », a indiqué la GRC dans son communiqué.

Le corps de police a assuré qu'il ne tentait pas de favoriser une partie ou une autre.

« Le conflit entre les industries pétrolières et gazières, les communautés autochtones et les gouvernements de toute la province a lieu depuis plusieurs années [...] La GRC en Colombie-Britannique est impartiale et nous respectons les droits des individus à des manifestations pacifiques, légales et sécuritaires. »