La tornade dévastatrice qui a balayé l'Outaouais et une partie de l'Ontario hier a fait près de 700 sinistrés, uniquement dans la ville de Gatineau, rapporte le maire Maxime Pedneaud-Jobin.

Mis à jour le 22 sept. 2018
Fanny Lévesque LA PRESSE

Ce sont des centaines de résidants, notamment du secteur Mont-Bleu à Gatineau, qui ont convergé au pavillon Gabrielle-Roy du cégep de l'Outaouais, transformé exceptionnellement en refuge. Quelque 200 sinistrés ont passé la nuit sur place et quelque 585 en tout s'y sont inscrits. Un soutien psychologique est offert. Plusieurs résidants de Gatineau ont été passablement secoués par les événements.

Maxime Pedneaud-Jobin a demandé aux citoyens dont la résidence a été endommagée de ne pas retourner à leur domicile, sans l'approbation des autorités.

PHOTO Sean Kilpatrick, LA PRESSE CANADIENNE

De l'autre côté de la rivière des Outaouais, c'est le quartier Dunrobin, dans l'ouest d'Ottawa, qui affichait aussi son lot de maisons endommagées par la tornade.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Les services d'urgence sont sur place pour évaluer les dégâts.

Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, a suspendu sa campagne électorale pour se rendre sur place ce matin. Le premier ministre du Québec a rencontré les sinistrés en matinée. 

De son côté, le chef caquiste François Legault a également modifié son plan de campagne et se rendra en après-midi à Gatineau - il devait alors se trouver dans Orford, en Estrie. Il a eu un entretien téléphonique avec le maire en matinée.

Tout le périmètre affecté par la tornade a été bouclé. La police et les pompiers de Gatineau inspectent les bâtiments et les infrastructures municipales touchés. Plusieurs rues, dont le boulevard Saint-Joseph, sont aussi fermées à la circulation.

Au moins 200 équipes Hydro-Québec sont aussi à l'oeuvre. En Outaouais, quelque 42 000 clients sont privés de courant.

De l'autre côté de la rivière des Outaouais, c'est le quartier Dunrobin, dans l'ouest d'Ottawa, qui affichait aussi son lot de maisons endommagées par la tornade.

Environnement Canada enquêtera

Alain Roberge, météorologue à Environnement Canada, a indiqué qu'une enquête sera menée pour déterminer la force de cette tornade.

Plus tôt vendredi, Environnement Canada avait signalé sur son site web la présence d'une « ligne d'orages violents » s'étendant du nord-est de Gatineau au nord-ouest d'Althorpe qui pouvait produire de puissantes rafales, de la grêle, de fortes pluies et de « brèves tornades isolées ».

« Un monstre »

À sa sortie du travail, Lynn Gauvin n'en croyait pas ses yeux en traversant le secteur de Mont-Bleu. « J'ai pas de mots, a-t-elle lâché en entrevue avec La Presse canadienne. Ça n'avait même pas de sens. On aurait dit un nuage de fumée noire, un monstre. Je ne pensais jamais voir ça dans ma vie. »

Marie Pieschke, une résidante de Gatineau, a vécu toute une frousse. « Le ciel est venu comme noir, puis après ça, il a commencé à pleuvoir très, très fort, a-t-elle raconté. Ensuite, il y a eu un gros, gros bruit. » Mme Pieschke a ajouté que l'arbre centenaire devant sa maison a été sérieusement abîmé, tout comme sa toiture, qu'elle venait de refaire. « Les branches ont commencé à tomber. Il y a une grosse, grosse branche qui est tombée en avant de ma porte, a-t-elle indiqué. J'ai lâché un cri. »

Jean-Marie Hamelin, un autre résidant, a vu des arbres tomber par sa fenêtre et s'est reculé de peur que des branches ne fassent éclater la vitre. « C'est très énervant, a-t-il confié. Ça fait 33 ans que je demeure ici et je n'avais jamais vu ça. C'était un bon vent. »

Lancine Dourouké a eu moins de chance: un morceau de bois a fait éclater une fenêtre de son salon sous ses yeux. « Je dormais et je me suis réveillé tout d'un coup, a relaté l'homme originaire de la Côte d'Ivoire. Je me suis levé et j'ai vu les éclats de verre. Je me suis réfugié dans la salle de bain et j'ai attendu trois ou quatre minutes que ça passe. »

Forcé de quitter son appartement en raison des dommages, M. Dourouké s'est tout de même réjoui d'avoir eu le temps d'emporter ses papiers d'immigration. « C'est la vie, c'est le destin », a-t-il conclu, philosophe.

- Avec Tommy Chouinard et La Presse canadienne