La promesse électorale de Stephen Harper de criminaliser les voyages dans certaines régions contrôlées par des islamistes radicaux risque d'isoler encore un peu plus la population syrienne, déjà largement coupée du reste du monde par quatre années de guerre civile.

Mis à jour le 11 août 2015
Isabelle Hachey LA PRESSE

«Notre inquiétude, c'est que l'on mette dans un même sac les activistes, les travailleurs humanitaires et ceux qui prônent l'idéologie du groupe État islamique (EI)», explique Faisal Alazem, porte-parole du Conseil syro-canadien.

Pour le moment, la promesse du chef conservateur demeure vague. Depuis qu'il a fait cette annonce, dimanche, M. Harper n'a pas spécifié quelles régions seraient désignées comme étant des «foyers d'activités terroristes» ni quelles peines encourraient ceux qui y voyageraient.

Or, selon M. Alazem, de nombreux Canadiens d'origine syrienne ont dû franchir illégalement la frontière de la Turquie pour rendre visite à leurs familles.

Le chef libéral Justin Trudeau a lui aussi critiqué le flou entourant la promesse conservatrice. «Chaque fois qu'un gouvernement choisit de limiter des droits, il doit être capable de répondre à des questions directes et complètes sur le pourquoi, le comment, sur quel est le plan, et M. Harper n'a rien fait de cela», a-t-il déclaré hier.

D'autre part, Stephen Harper a promis hier qu'une fois réélu, son gouvernement accueillerait 10 000 réfugiés syriens et irakiens additionnels au cours des quatre prochaines années.