Au terme d'une marche de 1600 km, les dizaines d'autochtones qui ont pris part à la randonnée Nishiyuu sont arrivés à Ottawa, lundi. Une fin de voyage qui a eu lieu en l'absence de Stephen Harper, qui était à Toronto pour accueillir des pandas géants.

Mis à jour le 26 mars 2013
Marie-Michèle Sioui et Martin Croteau LA PRESSE

Environ 300 marcheurs venus de différentes communautés autochtones ont convergé vers la capitale fédérale, un geste symbolique en appui au mouvement Idle No More. Après un arrêt dans l'île Victoria, au milieu de la rivière des Outaouais, où ils ont été accueillis par la leader du soulèvement autochtone, Theresa Spence, ils ont marché vers le parlement fédéral.

Mais voilà, le premier ministre était dans la région de Toronto pour accueillir deux pandas géants venus de Chine, symboles des liens unissant le Canada et le géant asiatique. Son absence a été accueillie avec cynisme par les manifestants.

«Je me fiche pas mal de M. Harper en ce moment, a dit Jordan Masty, l'un des six jeunes Cris qui ont lancé la marche Nishiyuu. Pour moi, ça montre la manière dont il traite les Premières Nations. Ç'aurait été bien s'il était sorti, mais il était à Toronto.»

Le courage des marcheurs salué

Les marcheurs ont néanmoins rencontré le ministre conservateur des Affaires autochtones, Bernard Valcourt, qui a salué ludni le courage des jeunes manifestants. Il s'est également engagé à se rendre dans leur communauté du Nord québécois l'été prochain.

«Nous reconnaissons et prenons acte de la détermination de ces jeunes marcheurs autochtones, et nous les félicitons pour leur engagement envers la cause des Premières Nations», a déclaré le ministre aux Communes.

Mais pour les leaders autochtones et les partis de l'opposition, il aurait fallu davantage de la part du gouvernement conservateur.

«En 2008, les conservateurs ont promis la réconciliation, a dit la députée néo-démocrate Niki Ashton. Aujourd'hui, des centaines de jeunes autochtones sont sur la colline parlementaire pour nous rappeler cette promesse. Mais au lieu de les accueillir, le premier ministre a choisi d'accueillir deux pandas envoyés par FedEx de Chine.»