Le groupe «Tous contre un registre québécois des armes à feu» vient d'obtenir un appui inespéré. Claude Colgan, le frère d'une des 14 victimes de la tuerie de la Polytechnique, se joint à l'organisation comme coadministrateur.

Émilie Bilodeau LA PRESSE

M. Colgan, chasseur et tireur sportif, n'en pouvait plus d'entendre ce qu'il considère comme de fausses informations concernant les détenteurs d'armes à feu. Surtout, il était excédé que les propriétaires d'armes soient souvent vus comme des criminels potentiels, explique-t-il.

Le mécanicien de formation se décrit comme un amateur d'armes depuis son enfance. Après la fusillade de Polytechnique, il a cependant été envahi de sentiments partagés. «Pendant un certain temps après, j'en voulais aux armes à feu, aux chargeurs de 30 balles et aux armes militaires. Malgré tout, je n'ai jamais été en faveur d'un registre des armes à feu. Voulez-vous bien me dire en quoi donner de l'argent au gouvernement pour qu'il nous donne un certificat en papier protège les citoyens?»

Samedi dernier, M. Colgan était l'un des conférenciers d'une rencontre qui avait pour but de s'opposer à l'intention du gouvernement du Québec de rapatrier les données du registre fédéral d'armes d'épaule. «Ma soeur n'a pas été tuée par une arme à feu ou par un chargeur à grande capacité, mais par un être humain mal intentionné», a-t-il dit.

M. Colgan soutient ne pas se servir de sa soeur pour faire avancer sa cause. Deux ans avant le décès de cette dernière, il a lui-même frôlé la mort lorsque deux agresseurs ont placé un couteau sur sa gorge pour avoir le contenu de la caisse de la station-service où il travaillait. Depuis, il se dit en faveur de l'autodéfense. «Lors d'un braquage à domicile par exemple, il faut lire un texte de trois pages avant de savoir ce qu'on est en droit de faire. Je pense que si vous êtes victime d'agresseurs, vous devriez être en droit de vous défendre par tous les moyens pour protéger votre vie.»

-Avec Hugo De Grandpré