Plusieurs sites gouvernementaux ont été la cible d'attaques informatiques en fin de semaine. Anonymous, un groupe qui dit défendre les droits de l'homme et la liberté d'expression, a confirmé être à l'origine des nombreuses pannes.

Mis à jour le 22 mai 2012
Émilie Bilodeau et Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE

Les sites du ministère de la Sécurité publique, de la Déontologie policière et du Parti libéral du Québec étaient toujours inaccessibles mardi matin. Les sites du Service de police de la Ville de Montréal, du ministère de l'Éducation et de l'Aide financière aux études étaient cependant à nouveau accessibles mardi. Vendredi, le site de l'Assemblée nationale était inaccessible. En tout, au moins huit sites ont été inaccessibles à un moment ou à un autre durant le week-end.

Sur son compte Twitter vendredi soir, Anonymous avait invité les pirates informatiques à fourbir leurs armes contre la loi d'exception adoptée vendredi, qui «assassine le droit de manifester». Quelques minutes après la diffusion de la convocation, le site de l'Assemblée nationale est tombé en panne et le message «un ennemi est abattu» est alors apparu sur le compte Twitter d'Anonymous.

Revendication d'Anonymous

Le groupe a finalement revendiqué les attaques dans une vidéo publiée sur YouTube et relayée grâce aux médias sociaux.

«Les gouvernements du monde continuent de nous réprimer. Nous nous adressons plus particulièrement au gouvernement du Québec. Nous apprenons que vous tentez d'étouffer des manifestations étudiantes en adoptant une loi d'urgence... Nous vous demandons de laisser le peuple québécois dire ce qu'il souhaite», dit une voix synthétisée pendant qu'un homme portant le traditionnel masque au sourire narquois d'Anonymous fait mine de lire le communiqué.

Michel Rochette, directeur des communications du Parti libéral du Québec, confirme que le site internet du parti a été victime d'une vague d'attaques dans la nuit de vendredi à samedi.

«Honnêtement, on s'y attendait un peu. Il y a eu des appels en ce sens sur Twitter en soirée», a-t-il dit à La Presse.

Le système de messagerie électronique de l'organisation n'a pas été ciblé par les pirates.