Les leaders du Commonwealth ont convenu de préparer une déclaration de valeurs «claire» et «puissante» pour les 54 pays membres de l'organisation. Mettre en application ces valeurs se révélera cependant une autre affaire.

Bruce Cheadle LA PRESSE CANADIENNE

Un sommet qui a été présenté comme un «moment de vérité» urgent pour la pertinence du regroupement des anciennes colonies britanniques a pris fin dans l'ambiguïté, dimanche, à Perth, en Australie.

La première ministre de l'Australie, Julia Gillard, a présenté la décision de rédiger une nouvelle charte et de nouvelles règles pour un organisme de direction comme d'importantes décisions et des réformes significatives.

Toutefois, la charte promise ne peut faire oublier le fait que les pays faisant partie de l'organisation n'aient pas été en mesure de se mettre d'accord sur des réformes plus cruciales en ce qui a trait aux droits de la personne et aux violations des droits démocratiques faites par certains États membres.

Un appel lancé pour qu'un commissaire des droits de la personne du Commonwealth fasse enquête sur les abus commis et rende ceux-ci publics n'a pas été entendu. L'abrogation des lois contre l'homosexualité dans la majorité des pays de l'organisation a connu le même sort.

Un comité de réforme constitué par le Commonwealth en 2009 a soumis un rapport pour le sommet de Pearth dans lequel il affirme que l'association a perdu de sa pertinence et se trouve dans un état de détérioration en raison de la conduite de certains de ses membres.

Cependant, les deux tiers des 106 réformes recommandées de toute urgence ont été confiées à des groupes d'étude pour examen supplémentaire.

Le premier ministre canadien Stephen Harper a fait part de sa frustration face à lenteur du processus. Il a toutefois refusé de critiquer l'organisation, jugeant que celle-ci demeurait pertinente et efficace.

«De façon réaliste, je ne crois pas qu'on puisse lâcher 106 recommandations sur des leaders à quelques semaines d'avis et s'attendre à ce qu'elles soient toutes acceptées dans l'espace d'un week-end», a déclaré M. Harper lors d'une conférence de presse tenue une fois le sommet conclu, avant d'entreprendre un long vol d'une trentaine d'heures en direction du Canada.

Des responsables canadiens ont affirmé que M. Harper avait quitté le sommet lorsque le président sri-lankais Mahinda Rajapaksa, hôte du prochain sommet des leaders du Commonwealth, prévu à Colombo, en 2013, a été invité à prendre la parole dimanche.

M. Harper avait prévenu avant la rencontre du week-end qu'il boycotterait le sommet sri-lankais si aucune enquête n'avait lieu sur les violations des droits commises à la suite de l'insurrection de la minorité tamoule, qui a pris fin dans un bain de sang.

Le premier ministre canadien s'est entretenu avec M. Rajapaksa à ce sujet, lors du week-end, et il a indiqué que le ton emprunté du président avait été «rassurant».

«Toutefois, je demeure sceptique concernant certains de ses propos rassurants, et de toute évidence, nous allons travailler d'ici à la prochaine rencontre du Commonwealth afin de nous assurer que nos préoccupations soient vraiment abordées», a-t-il affirmé.

M. Harper a ajouté que dans le cas contraire, il boycotterait le prochain sommet.