La journée de mardi a finalement ressemblé à la journée de lundi dans l'industrie de la construction: les ouvriers ont déserté plusieurs chantiers, et pas toujours volontairement.

Lia Lévesque LA PRESSE CANADIENNE

Dans certains cas, ce sont des escouades d'ouvriers plus militants que les autres qui ont fait la tournée de quelques chantiers, au centre-ville de Montréal par exemple, pour persuader les autres ouvriers de quitter les lieux. Les policiers étaient cependant souvent présents sur les lieux.

Le chantier du Quartier des spectacles, au centre-ville de Montréal, par exemple, a été ainsi vidé en quelques minutes. À quelques pas de là, même les quelques ouvriers du tout petit chantier devant le Complexe Desjardins se sont faits fortement suggérer de fermer boutique.

«On ne ferme pas; ils nous ont fermés», a confié un ouvrier d'expérience qui ne voulait ni être nommé ni être enregistré. «Un père de famille a le droit de travailler, mais ils nous ont fermés», a-t-il lancé, avec un signe de dépit.

Interrogé à savoir si ceux qui lui ont dit de fermer provenaient du Conseil provincial ou de la FTQ-Construction, l'ouvrier a répondu avec un haussement d'épaules: «Je ne le sais pas, mais j'aime mieux fermer, pour mon équipement».

Un autre ouvrier plus jeune s'est résigné à quitter son chantier, en déposant bruyamment ses outils dans sa camionnette et en lançant des jurons. Les policiers, présents sur le chantier du Quartier des spectacles, ont quitté peu après.

Au Service de police de la Ville de Montréal, en fin d'avant-midi, on ne signalait aucune arrestation. Le service des relations publiques indiquait toutefois qu'une personne s'est plainte d'avoir été intimidée. Les enquêteurs se sont penchés sur la plainte et une personne a été interpellée.

De même, un «méfait» a été signalé par le service de police sur le chantier du Quartier des spectacles, à savoir une porte brisée.

Par ailleurs, la Commission de la construction, l'organisme qui réglemente l'industrie, a rapporté mardi matin qu'environ 150 chantiers ont été perturbés lundi durant la journée. Lundi soir, «on avait reçu plus d'une centaine de signalements de situations d'arrêts de travail», a relaté André Martin, responsable des relations avec les médias à la Commission.

«On avait reçu lundi en fin de journée une quarantaine de plaintes formelles, qui sont plus que des signalements. Donc, la Commission va devoir enquêter. C'est sûr qu'en fin de journée mardi, il y aura compilation. Le chiffre exact est sûrement beaucoup plus élevé que ça actuellement», a indiqué M. Martin. L'étude des plaintes pourra cependant prendre plusieurs mois.

La Commission, qui avait dû fermer ses bureaux de Montréal lundi «pour préserver la sécurité de son personnel» après la visite de manifestants qui ont voulu empêcher les employés de la CCQ d'entrer et qui ont fait du grabuge, a pu les rouvrir mardi matin. Ses bureaux dans les régions sont également ouverts.

La Commission a obtenu une injonction interlocutoire du tribunal valide pour 10 jours, lundi en début de soirée. Celle-ci interdit toute manifestation de plus de cinq personnes sur les terrains de la Commission et empêche toute intimidation de ses employés. «L'injonction concernait aussi tous nos bureaux régionaux, qui n'ont pas été fermés lundi, mais on a quand même voulu prévenir», a justifié M. Martin.

Par ailleurs, l'une des deux principales organisations syndicales à qui les ouvriers reprochent de fermer les chantiers, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction, souvent appelé «l'International», comparaîtra justement mardi, en fin d'après-midi, devant la commission parlementaire qui étudie le projet de loi.

Le Conseil provincial et la FTQ-Construction formulent plusieurs reproches au projet de loi, particulièrement en ce qui a trait à leur pouvoir de référer de la main-d'oeuvre sur les chantiers, qui sera désormais placé sous l'égide de la Commission de la construction.

Ils lui reprochent également de remettre la gestion du fonds de formation entre les mains de la Commission de la construction, alors que ce fonds est alimenté par les cotisations des ouvriers.

Ils le critiquent aussi parce qu'il enlève des sièges au Conseil provincial et à la FTQ-Construction, qui représentent ensemble 110 000 des 155 000 ouvriers, pour les donner aux plus petits syndicats.

Ils dénoncent également le fait qu'une convention collective, pour être adoptée, ne devra plus seulement être entérinée par une majorité de 50 pour cent plus un, mais aussi par au moins trois des cinq organisations syndicales.

L'une des deux principales organisations syndicales à qui les ouvriers reprochent de fermer les chantiers, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction, souvent appelé l'International, comparaîtra justement devant la commission parlementaire qui étudie le projet de loi, en fin d'après-midi.

Le Conseil provincial et la FTQ-Construction formulent plusieurs reproches au projet de loi, particulièrement en ce qui a trait à leur pouvoir de référer de la main-d'oeuvre sur les chantiers, qui sera désormais placé sous l'égide de la Commission de la construction.

Ils lui reprochent également de remettre la gestion du fonds de formation entre les mains de la Commission de la construction, alors que ce fonds est alimenté par les cotisations des ouvriers.

Ils le critiquent aussi parce qu'il enlève des sièges au Conseil provincial et à la FTQ-Construction, qui représentent ensemble 110 000 des 155 000 ouvriers, pour les donner aux plus petits syndicats.

Ils dénoncent également le fait qu'une convention collective, pour être adoptée, ne devra plus seulement être entérinée par une majorité de 50 pour cent plus un, mais aussi par au moins trois des cinq organisations syndicales.

Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse

Des syndiqués de la FTQ-Construction se sont rassemblés sur le chantier du CHUM, ce matin, pour ensuite faire la tournée de plusieurs chantiers du centre-ville afin de mobiliser les travailleurs.