Les demandes d'asile ont beau avoir considérablement augmenté dans le monde en 2011, les réfugiés se tournent de moins en moins vers le Canada pour fuir les persécutions dans leur pays, révèle un rapport de l'Agence des Nations unies pour les réfugiées (UNHCR)

Pierre-André Normandin LA PRESSE

En 2008, le Canada était devenu la deuxième destination du globe pour les demandeurs d'asile, tout juste derrière les États-Unis. Plus de 36 900 personnes avaient envoyé une requête à Ottawa, contre 49 000 à Washington.

Or, le gouvernement de Stephen Harper a considérablement resserré les règles en 2009, forçant notamment les réfugiés mexicains et tchèques à obtenir un visa avant d'entrer au pays.

Si bien que le Canada ne représente plus que le septième pays vers lequel les réfugiés se tournent désormais pour obtenir de l'aide, derrière la Belgique. Au cours des six premiers mois de 2011, le pays a reçu 11 150 demandes d'asile. La moyenne de requêtes est ainsi passée de 3075 à 1918 par mois.

Cette chute survient alors que l'UNHCR a pourtant enregistré une hausse de 17% des demandes d'asiles dans les pays industrialisés. Alors que le Canada ferme la porte, les réfugiés se tournent désormais vers son voisin. Les États-Unis ont enregistré une hausse de 34% des demandes.

Ainsi, si les Mexicains ont cessé de cogner à la porte du Canada, ceux-ci continuent de vouloir fuir leur pays. Ils se tournent désormais principalement vers Washington, qui a vu le nombre de demandes d'asile en provenance du Mexique doublé depuis le resserrement des règles à Ottawa.

Dans le monde entier, les demandes d'asile en 2011 proviennent principalement de l'Afghanistan, de la Chine et de l'Irak. Au Canada, les demandes proviennent principalement de la Hongrie et de la Chine depuis que les règles ont restreint les recours pour les Mexicains et les Tchèques.