Québec est pressé par des syndicats d'investir dans le privé pour assurer des conditions décentes aux travailleurs des centres d'hébergement du Québec, qui oeuvrent principalement auprès des aînés.

Lise Millette LA PRESSE CANADIENNE

Les places en hébergement font face à un problème criant de disponibilité. Le milieu hospitalier déborde et pour pallier au manque de lits, le gouvernement se tourne déjà vers le secteur privé où il achète des services et paie des lits pour réussir à loger les patients et ainsi libérer des espaces dans les hôpitaux.

Pour Jeff Begley, vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux de la centrale des syndicats nationaux (CSN), l'État ne peut qu'acheter des services ou financer des lits dans le privé, il doit se sentir interpellé par la gestion des ressources humaines dans ces établissements.

M. Begley avance que la moyenne d'ancienneté des travailleurs est d'environ 4 ans et que le salaire moyen des travailleurs est de 12,88 $ de l'heure, contre 20 $ de l'heure dans le public. Une iniquité évidente.

La CSN reconnaît qu'il y a une limite à ce qui peut être demandé aux personnes qui bénéficie des services d'hébergement, pour lesquels les frais sont souvent élevés. Elle exclut donc d'aller chercher une nouvelle ponction dans les poches des aînés estimant qu'il revient à l'État de faire sa part pour relever les conditions de travail des employés de ce secteur.

Afin de tenter de réunir à une même table les employeurs, l'État et les représentants des travailleurs, les syndiqués des centres d'hébergement privés ont pris la rue, samedi, à Québec, devant l'hôtel du Parlement.

«Bien que le travail effectué auprès de nos aînés revêt une grande importance, les salaires de nos membres avoisinent le salaire minimum et leurs conditions de travail sont bien en deçà de ce que l'on retrouve pour des emplois équivalents dans le secteur public», dénonce Richard Gauvin, vice-président du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalache.

La CSN avance qu'il y a environ 3000 places subventionnées actuellement au Québec par des contrats en partenariats publics privés ou en ressources intermédiaires, selon les dernières données statistiques du ministère de la Santé et des Services sociaux datant d'octobre 2010.

«Le gouvernement ne peut pas dire «je finance et je lave mes mains après». On commence avec les ministères et on ciblera aussi les propriétaires pour trouver une manière de revoir les conditions de travail», a mentionné Jeff Begley.

Les besoins en centres d'hébergement sont appelés à croître considérablement au cours des prochaines années, en raison du vieillissement de la population. Cet état de fait représente pour M. Begley une raison de plus d'agir promptement.