Luc Gagnon, fondateur d'Agrirencontre

Luc Gagnon, fondateur d'Agrirencontre... (Photo Martin Flamand (URBANIA))

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Luc Gagnon, fondateur d'Agrirencontre

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Philippe Meilleur / URBANIA

Quand on consacre sa vie à labourer des champs et à semer des graines de concombre dans le fin fond d'un rang, le temps pour la récolte d'une âme soeur se fait souvent rare. Mais avant de définitivement mettre leur vie amoureuse en jachère, de plus en plus de gars et de filles de campagne tentent leur chance sur le site Agrirencontre, fondé il y a dix ans et comptant aujourd'hui plus de 20 000 membres.

Pourquoi les agriculteurs ont-ils besoin d'un site de rencontres leur étant dédié?

Plusieurs d'entre eux m'ont confié qu'ils mentaient sur leur profession pour avoir du succès sur les sites de rencontres réguliers. Il faut dire que le Québec n'a plus le même contact avec la vie rurale qu'avant, et ça amène beaucoup de préjugés sur le métier d'agriculteur. Chaque fois qu'on en entend parler dans les médias, c'est une mauvaise nouvelle : la grêle détruit une récolte, les revenus sont bas, etc. En tant que concepteur web qui a grandi en campagne, je me suis dit que je devais faire quelque chose.

Est-ce que la situation a changé depuis la diffusion à V de L'Amour est dans le pré?

Sur notre site, on a vu le nombre d'inscriptions de filles exploser pendant la diffusion de l'émission. Même chose quand on parle de nous dans les médias: les profils féminins se multiplient toujours dans les jours suivant le reportage. Les filles se rendent compte qu'elles aiment ça, la vie à la campagne! L'émission a permis d'en montrer le côté positif. Les agriculteurs qui y participent sont jeunes, intelligents, entrepreneurs. On se rend compte que ce n'est pas le niaiseux de la famille qui se retrouve à gérer la ferme! Il faut avoir une bonne tête sur les épaules pour gérer une entreprise qui vaut des centaines de milliers, voire des millions de dollars.

Diriez-vous que certaines de ces filles ont une espèce de farmer dream, qu'elles s'imaginent faire l'amour dans une botte de foin à longueur de journée?

Il y a de plus en plus d'intérêt, mais oui, certaines ont une vision trop idéalisée de la vie sur une ferme. C'est un métier difficile, avec de longues heures de travail, un revenu précaire et beaucoup d'instabilité. S'il pleut trop avant tes vacances, tu peux oublier ton congé! Plusieurs filles «débuzzent» et démissionnent après quelques mois. Mais à l'inverse, certaines ont la piqûre et quittent leur emploi en ville pour venir rejoindre leur chum sur la ferme.

Avez-vous mesuré le taux de succès chez vos membres?

Pas directement, mais comme le milieu agricole est assez petit, on croise régulièrement, dans les foires et les salons, des couples qui se sont formés sur Agrirencontre et qui veulent nous remercier. Le site a toujours été en croissance depuis dix ans, et presque toute notre promotion se fait par le bouche-à-oreille de nos membres. C'est donc bon signe!

Est-ce plus difficile pour un agriculteur d'être célibataire et de vieillir seul?

Un gars m'a déjà dit : «Je ne veux pas devenir vieux garçon à cause de ma profession.» Un agriculteur n'a aucune mobilité: sa ferme est à tel endroit, et il doit y rester toute l'année. Le quart des célibataires agriculteurs envisagent d'abandonner la profession s'ils ne trouvent pas de compagne. C'est un problème sérieux pour l'industrie! C'est pour ça qu'un site comme Agrirencontre est si important.

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