Santé Canada propose de bannir les gras trans

On retrouve principalement les gras trans dans les... (Photo David Boily, Archives La Presse)

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On retrouve principalement les gras trans dans les produits ultra-transformés - certaines margarines, les frites, beignes et aliments frits des comptoirs de restauration rapide, dans des biscuits, des craquelins et des produits de pâtisserie et de boulangerie commerciales.

Photo David Boily, Archives La Presse

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Les Canadiens comptaient parmi les plus grands consommateurs de gras trans au monde dans les années 90. Ils en consomment moins aujourd'hui. Mais les gras trans, qu'on sait nocifs, sont encore présents sur les rayons des supermarchés, dans les restaurants et les commerces en alimentation. Santé Canada propose maintenant de les interdire.

En 2007, Santé Canada invitait l'industrie alimentaire à limiter l'utilisation de la principale source de gras trans dans ses produits, soit les huiles partiellement hydrogénées (HPH). L'industrie s'est adaptée. Est-ce assez ? Santé Canada souhaite aujourd'hui mettre en place des mesures plus draconiennes avec son nouveau projet de réglementation.

La Food and Drug Administration (FDA) américaine a déjà retiré les gras trans de sa liste d'aliments sécuritaires et interdira leur utilisation à compter de 2018. S'il est adopté, le projet canadien s'arrimera à celui des États-Unis et accordera un sursis d'un an aux fabricants afin qu'ils puissent reformuler leurs produits de façon à exclure les HPH.

« L'autorégulation a ses limites, commente Corinne Voyer, directrice de l'organisme Coalition Poids, qui réclame des mesures plus rigoureuses depuis des années. Au Danemark, les gras trans sont interdits depuis 13 ans. Rien ne justifie qu'on en trouve encore ici. C'est un gras qu'on sait particulièrement problématique », dit-elle.

Le problème avec les gras trans

« Ironiquement, ce produit a été créé après qu'on eut commencé à soupçonner les gras saturés d'être nocifs pour la santé. On a donc cherché à produire un gras semblable à partir d'huiles végétales. Et pour rendre celles-ci solides et tartinables, on les a hydrogénées », explique le nutritionniste Bernard Lavallée. Non seulement elles modifient la texture d'un aliment, mais elles augmentent sa durée de conservation. Dans les années 90, elles ont toutefois commencé à avoir mauvaise presse après que des études eurent démontré leurs effets nuisibles sur la santé.

Les HPH augmentent le mauvais cholestérol et diminuent le bon, ce qui est un facteur aggravant pour les maladies du coeur, qui sont l'une des principales causes de mortalité au Canada. Ce déséquilibre peut faire augmenter les risques d'hypertension artérielle, de rétrécissement des artères (athérosclérose), de crise cardiaque et d'AVC, comme le souligne la Fondation des maladies du coeur et de l'AVC, sur son site.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un maximum de 1 % de gras trans dans l'apport quotidien en calories. Ce qu'excèdent bon nombre d'entre nous. C'est le cas en particulier pour les enfants, qui en consomment en proportion davantage, et qui peuvent facilement dépasser ce quota avec seulement deux biscuits, selon Corinne Voyer.

Cachés dans les produits transformés

On les retrouve principalement dans les produits ultra-transformés - certaines margarines, les frites, beignes et aliments frits des comptoirs de restauration rapide, dans des biscuits, des craquelins et des produits de pâtisserie et de boulangerie commerciales. Pour l'instant, la meilleure façon de ne pas en consommer est de vérifier si les mots « huiles hydrogénées », « partiellement hydrogénées » ou « shortening d'huile végétale » figurent sur la liste d'ingrédients des produits d'épicerie.

« Ceux qu'il est difficile d'évaluer sont ceux qu'on nous sert dans les restaurants, les commerces et les cafétérias. », fait cependant remarquer Corinne Voyer.

Beaucoup de fabricants ont rectifié leurs formules en utilisant, en substitut, certaines huiles végétales qui restent solides à température plus élevée, notamment l'huile de palme. L'industrie est prête à s'ajuster, croit Bernard Lavallée.

« Il faut toutefois faire attention. Ce n'est pas parce qu'un aliment se dit sans gras trans qu'il est bon pour la santé. Il faut regarder l'alimentation dans son ensemble. Même si on met de l'avant le fait qu'elles ne contiennent pas de gras trans, des chips restent des chips. »

Gras trans, saturés et insaturés

Le type de gras qu'on choisit a plus d'impact sur la santé que la quantité de gras qu'on consomme, explique-t-on sur le site de la Fondation des maladies du coeur et de l'AVC. Les gras trans englobent les huiles partiellement hydrogénées et sont considérés comme nuisibles. Les gras saturés, de source animale (fromage, lait, beurre, viande...), ont longtemps été classés parmi les vilains aussi. De nouvelles données indiquent toutefois que leurs effets sur la santé varient en fonction du type d'aliment dont ils sont issus. Parmi les bons gras, on retrouve les monoinsaturées qui proviennent de végétaux (huile d'olive, avocat et certaines noix) et les gras polyinsaturés (poisson, lin, certaines noix) qui comprennent les bénéfiques omega-3 et aussi les omegas-6 qu'on devrait consommer avec modération.




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