Le maté n'est plus cancérogène

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Le rituel qui entoure le maté consiste à disposer les feuilles concassées aux trois-quarts de la calebasse, secouer ce récipient en bouchant le haut avec la main, afin d'en extraire la poussière qui reste collée à la paume, puis l'incliner légèrement avant d'y verser l'eau chaude. Ne reste plus qu'à insérer la paille métallique et c'est prêt.

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Mauricio Rabuffetti
Agence France-Presse
Montevideo

«Tout va mieux avec un maté»: dans le bus, en marchant ou au travail, l'Uruguayen, thermo sous le bras et calebasse en main, va pouvoir continuer à consommer ce thé traditionnel d'Amérique du Sud l'esprit tranquille depuis qu'il n'est plus cancérogène.

Dans une étude publiée mercredi, l'agence cancer de l'OMS a annoncé que les boissons très chaudes provoquaient «probablement» le cancer de l'oesophage, mais a en revanche levé les soupçons sur le café et le maté, consommés à des températures normales.

Ce même organisme, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), avait déjà mis à l'index en octobre une autre fierté gastronomique de l'Uruguay, neuvième exportateur mondial: la viande. Elle avait été classée dans la catégorie «probablement cancérogène».

Cette fois, après le réexamen des effets cancérogènes du maté, cette boisson a été retirée de la liste des produits «probablement cancérogènes», où elle figurait depuis 1991. Les Uruguayens peuvent souffler.

À la différence du café, vite avalé, cette boisson chaude «est comme un compagnon», déclare à l'AFP Valentina Nuñez, une étudiante de 24 ans qui s'accorde une pause en sirotant ce thé devant l'Université de Sciences sociales de Montevideo.

«C'est toujours prêt. Ça dure plus longtemps, ça se recharge. Il faut faire une pause pour verser de l'eau chaude», ajoute son amie Jessica Aliz à propos du rituel qui entoure le maté.

Disposer les feuilles concassées aux trois-quarts de la calebasse, secouer ce récipient en bouchant le haut avec la main, afin d'en extraire la poussière qui reste collée à la paume, puis l'incliner légèrement avant d'y verser l'eau chaude: ne reste plus qu'à insérer la paille métallique, c'est prêt.

Obama, Suarez ou le Pape

Interdiction de remuer les feuilles avec la paille, appelée «bombilla», ou de verser du sucre. Le maté se boit amer.

Et pour que cette même dose de thé dure plusieurs heures sans avoir un goût «délavé», comme disent les Uruguayens, les experts ont leur secret. Il suffit de diviser la calebasse en plusieurs sections, que l'on déguste progressivement en replaçant la paille.

De l'attaquant star du FC Barcelone, l'Uruguayen Luis Suarez, au pape François ou même Barack Obama, en visite à Buenos Aires, les photos de ces illustres buveurs de maté, boisson également consommée en Argentine, au Brésil, au Chili et au Paraguay, ont fait le tour de la planète.

«Toute consommation de boisson très chaude peut provoquer un dommage, l'inflammation. Tout processus d'inflammation chronique peut déboucher sur une tumeur», a expliqué à l'AFP Nelson Bracesco, qui dirige le laboratoire de radiobiologie de la faculté de médecine uruguayenne.

M. Bracesco étudie les propriétés de cette infusion issue des indiens Guaranis et réputée comme anti-oxydante, agissant sur le cholestérol et améliorant les capacités physiques et la concentration.

Selon ce chercheur, le maté agit comme un «agent antimutagène», c'est à dire qu'il aide à prévenir les mutations cellulaires.

En Uruguay, «le cancer de l'oesophage est en régression ces dernières années. Nous cherchons une explication à ce phénomène», conclut-il.

Dans les rues de la capitale uruguayenne, où les échoppes de souvenirs regorgent de calebasses multicolores, bombillas et étuis en cuirs pour emporter son thermo d'eau chaude partout, Jorge Vera, 72 ans, tient son stand depuis une quarantaine d'années.

Les habitudes autour du maté «ont évolué à travers les époques: les matériels, les formes, les goûts», résume-t-il.

«Ça fait partie de notre culture», c'est pour cela que les ventes ne baissent pas, affirme ce spécialiste. «Ça se développe même au-delà de la région. Encore plus maintenant que le Pape est un Argentin qui boit du maté», s'amuse M. Vera, tandis que trois jeunes choisissent avec soin une calebasse.

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