Des nanoparticules dans des produits alimentaires

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Les produits incriminés sont les suivants: de la blanquette de veau William Saurin, des gommes à mâcher Malabar, des gâteaux Napolitains de LU (notre photo) et un mélange d'épices pour guacamole Carrefour.

CAPTURE D'ÉCRAN

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Agence France-Presse
Paris

Des nanoparticules, substances appartenant au monde de l'infiniment petit, ont été retrouvées dans des produits alimentaires - plat préparé, biscuit, gomme à mâcher et mélange d'épices - sans être signalées sur les étiquettes, a averti mercredi l'ONG Agir pour l'environnement.

«Selon la règlementation européenne, la mention "nano" aurait dû figurer sur les étiquettes», rappelle l'association.

Pour Magali Ringoot, porte-parole de l'ONG, «cette enquête apporte la preuve qu'il y a défaillance dans l'information et la protection du consommateur».

«Les industriels profitent d'une définition très vague, très alambiquée pour ne rien signaler», estime la responsable, précisant que la définition parle de nanoparticules «de l'ordre de 100 nanomètres» utilisées «de manière intentionnelle».

Agir pour l'environnement veut saisir la DGCCRF, la direction de la consommation et de la répression des fraudes, pour qu'elle «procède au rappel des produits incriminés»: de la blanquette de veau William Saurin, des gommes à mâcher Malabar, des gâteaux Napolitains de LU et un mélange d'épices pour guacamole Carrefour, selon les résultats d'une analyse confiée à un laboratoire reconnu d'utilité publique et spécialisé dans les tests industriels.

Les nanomatériaux retrouvés sont notamment le dioxyde de titane (E171), qui permet de blanchir et rendre les produits brillants, et le dioxyde de silice (E551), un antiagglomérant utilisé dans des poudres, le sucre etc.

Si les nanoparticules, de l'ordre du milliardième de mètre, sont utilisées dans de nombreux produits de consommation courante (alimentation, habillement, cosmétiques, électronique etc.), les risques qu'elles peuvent présenter pour la santé et l'environnement sont mal connus.

D'où l'obligation d'étiquetage imposée depuis fin 2014 par l'UE et les démarches de pays membres, dont la France, pour mieux recenser les usages et évaluer les risques.

Une substance a priori inoffensive peut devenir toxique si elle est utilisée sous forme de nanomatériaux, estime l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).

Du fait de leur taille, les nanoparticules peuvent par exemple franchir des barrières physiologiques et se retrouver dans les poumons ou le sang.

Agir pour l'environnement, qui n'a trouvé aucun produit alimentaire étiqueté "nano" dans les magasins, suppose que bien d'autres en contiennent dans les faits.

Des étiquettes "nano" ont en revanche été trouvées sur certains cosmétiques (crème solaire, maquillage, etc.), a indiqué Magali Ringoot.

Dans l'attente d'une évaluation des risques, l'ONG demande au gouvernement «un moratoire» sur les nanoparticules dans l'alimentation et les produits destinés aux femmes enceintes et aux enfants.

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