Plainte contre la malbouffe au Carnaval de Québec

M. Christie et Kraft, aujourd'hui remplacé par Cadbury,... (Photo tirée du site carnaval.qc.ca)

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M. Christie et Kraft, aujourd'hui remplacé par Cadbury, sont clairement associés aux activités familiales du Carnaval de Québec.

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Bonhomme Carnaval risque d'avaler sa Caramilk de travers. Alors que s'ouvre vendredi le Carnaval de Québec, la Coalition québécoise sur la problématique du poids a porté plainte à l'Office de la protection du consommateur contre le village et la tente M. Christie/Cadbury, destinés aux familles.

«La grande visibilité des logos de M. Christie et Cadbury dans cet espace d'animation et d'activités familiales en fait un message publicitaire», indique Corinne Voyer, directrice de la Coalitions poids, dans une plainte dont La Presse a obtenu copie. Cette publicité contrevient à la Loi sur la protection du consommateur, «parce qu'elle cible les enfants de moins de 13 ans» et «remplit les trois critères d'interdiction prévus», selon Mme Voyer.

En effet, les friandises Cadbury (chocolats Caramilk, Crunchie, jujubes Maynards, etc.) et les biscuits M. Christie (Oreo, Chips Ahoy! etc.) «suscitent fortement l'intérêt des enfants», ce qui est interdit. Sur le site, «les logos M. Christie et Cadbury sont incontournables» - il ne s'agit pas d'une sobre mention des commanditaires, toujours permise. Enfin, le lieu est clairement fréquenté par les enfants, le village accueillant précisément les familles.

Trois millions en commandites privées en 2013

«Le partenariat avec Monsieur Christie existe depuis plus de 10 ans, a réagi Justine Leblanc, attachée de presse du Carnaval de Québec. La notion de commandite/partenariat dans les événements est essentielle et indispensable en termes de retombées économiques pour la région et permet de surcroît d'offrir à la population des activités accessibles à tous.» Malgré la publicité, les enfants de 8 ans et plus doivent porter l'effigie du Carnaval, vendue 15$, pour avoir accès au site.

Les commandites privées ont tout de même rapporté environ 3 millions de dollars en 2013, soit le tiers des revenus, selon le rapport annuel de l'événement. Le Carnaval refuse de dévoiler combien exactement paient Cadbury et M. Christie pour s'associer à Bonhomme. «Nos ententes avec nos partenaires privés sont confidentielles», a fait savoir Mme Leblanc.

«Même si ça fait 10 ans que M. Christie est un commanditaire, ce n'est pas une raison pour maintenir de mauvaises pratiques publicitaires, répond Mme Voyer. La zone pour enfants pourrait être commanditée par Hydro-Québec, un produit qui n'est pas destiné aux enfants.»

Dès 2012, la Coalition poids s'est inquiétée de voir des fabricants de malbouffe commanditer le Carnaval, sans pouvoir agir. «Maintenant, le guide d'application de la loi est clair: l'usage des logos peut constituer de la publicité aux enfants, s'il répond aux critères prévus par la loi», indique Mme Voyer.

Bonhomme dans la circulaire

Bonhomme Carnaval est aussi apparu du 15 au 21 janvier dans la circulaire IGA, à côté des gâteries de Cadbury et M. Christie. «Utiliser un personnage qui est aimé, c'est une tactique de marketing qu'on connaît bien, note Mme Voyer. C'est dérangeant. On ne verrait pas de problème si Bonhomme faisait la promotion des fruits et légumes. Bonhomme n'est pas obligé de vendre de la malbouffe!»

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