Thanjai: la richesse de l'Inde du Sud à Snowdon

La cuisine servie chez Thanjai est drôlement sympathique... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE)

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La cuisine servie chez Thanjai est drôlement sympathique et réconfortante, chaleureuse.

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J'adore la cuisine indienne mais je n'en mange pas souvent. Avouons-le, Montréal ne compte pas des tonnes de bons restaurants indiens.

Je ne suis pas encore allée en Inde, à mon grand chagrin. Mais entre New York, Toronto, Singapour et Londres surtout, j'ai essayé quelques bons indiens qui m'ont bien fait comprendre que ce qu'on nous sert souvent ici, dans la métropole, n'est qu'un maigre début d'introduction à la richesse de cette gastronomie.

Parmi toutes les tables essayées, c'est Gymkhana dans Mayfair à Londres qui m'a le plus ravie. Campé dans un décor aux échos boisés coloniaux, l'établissement, récemment étoilé par Michelin propose une cuisine indienne hyper raffinée. Je rêve encore du dessert à la rose ou du biriyani en croûte, presque un hommage à Bocuse. Un immense coup de coeur que je vous recommande chaudement.

L'autre adresse que je vous conseille sans hésitation est à Montréal, aux confins de Snowdon, angle Van Horne et Victoria. Ce lieu très abordable et sympathique, où l'on peut apporter son vin, s'appelle Thanjai. C'est mon collègue Alain Brunet, parti récemment se replonger un mois dans la richesse musicale indienne, dans la partie sud du pays, qui m'a conseillé de l'essayer. Lui-même a été aiguillé vers cette adresse par des membres de la communauté musicale indienne montréalaise. «Vas-y, ça ressemble vraiment beaucoup à ce que j'ai mangé là-bas, m'a-t-il dit. C'est de la cuisine du sud de l'Inde. À Montréal, je pense que c'est l'un des seuls.»

Et j'ai été ravie.

Thanjai n'est pas exactement un étoilé Michelin, mais la cuisine qu'on y sert est drôlement sympathique et réconfortante, chaleureuse.

Une des spécialités du lieu? Les dosas, ces immenses crêpes presque bretonnes mais faite à partir de farine de riz et de lentilles et dorées au ghi - beurre clarifié - que l'on sert farcies de légumes, de lentilles ou pommes de terre, coriandre, etc. - et que l'on mange trempées dans des chutneys divers. Le menu en compte une trentaine de déclinaisons plus ou moins relevées, avec des légumes surtout, mais aussi parfois de la viande - il faut essayer l'agneau, tendre et très relevé - ou du poisson. Pour une introduction, prenez la version Mumbai, avec quelques verdures et des chutneys relativement peu piquants qui permettent de bien apprécier la complexité des sauces au lait de coco ou à la tomate.

Ou alors, si on veut encore se dépayser, on opte pour des uttapams, crêpes beaucoup plus épaisses, délicieusement spongieuses un peu comme des crumpets - j'ai adoré mais le plat n'a pas fait l'unanimité autour de la table - que l'on sert aussi garnies de tomates, ou alors d'oignons caramélisés ou de fromage.

Côté mijotés, le restaurant est moins campé dans ses origines indiennes du sud. On propose par exemple le cari classique de poulet au beurre, plat typique du nord, que l'on sert avec un pain naan qui n'est pas préparé sur place, car le restaurant n'a pas de tandour, le four essentiel pour préparer ces galettes si moelleuses. Le poulet est donc bon, classique, richement mijoté dans le beurre, la crème, les tomates, sur fond de cardamome, safran, clou et cannelle. Mais il n'a pas l'âme des autres plats plus typés du Sud, comme ce plat de poulet mijoté au poivre noir ou ce «poulet désossé», dans lequel on voit les bâtons de cannelle et les coques d'anise étoilé perdus dans la sauce, follement parfumée.

En deux visites, j'ai aussi essayé le biryani végétarien - la cuisine indienne végétarienne est vraiment la plus riche - bien relevé et bien ponctué à la cardamome. Les bonda, des petites croquettes frites de purée de pommes de terre que l'on trempe dans une riche sauce au tamarin, ont eu aussi beaucoup de succès autour de la table, tout comme les bhajji - beignets - d'oignon et de piments forts farcis aux lentilles, que l'on adoucit en les trempant dans une sauce au yaourt et à la menthe fraîche. À côté de toute cette explosion de parfums et tous les défis posés par les différents degrés de piment, la soupe dhal, aux lentilles, nous a en outre paru un peu tranquille.

Mais rien pour nous faire oublier le grand plaisir de découvertes savoureuses que permet cette adresse sans prétention et tout en travail bien fait. Et fort abordable.

Thanjai

4759, rue Van Horne

Montréal

514 419-9696

> Prix: Plats entre 3,50$ et 13,95$

> Carte des vins: C'est un restaurant «apportez votre vin» où l'on peut néanmoins commander toutes sortes de boissons indiennes typiques, comme le jus de limette salé, le «thumbs up», sorte de Coca-Cola indien très parfumé notamment à la cardamome, et le lassi, boisson au yogourt offerte en versions sucrées ou salées.

> Service: Efficace et très sympathique, et en français pour ceux qui se posent la question.

> Atmosphère et décor: Il y a des télés, mais ce n'est pas pour regarder le hockey. Et un grand plateau qui décrit les épices de la cuisine indienne dans l'entrée. On s'y retrouve en famille, entre amis. On aime les banquettes en cuirette, mais moins les murs orangés. On n'est pas dans la reconstitution coloniale raffinée de chez Gymkhana, à Mayfair, on s'entend...

(+) Une cuisine indienne du Sud, donc hors des sentiers très battus, et fort bien faite, à prix très raisonnables. Super pour les végétariens.

(-) Le pain naan n'est pas fait sur place (mais ce n'est pas typique du Sud, et ceci est un restaurant du Sud).

On y retourne? Oui

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