Nathan Beaulieu: le cachot et la chaise berçante

La bagarre qu'a livrée Nathan Beaulieu à Nick... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE)

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La bagarre qu'a livrée Nathan Beaulieu à Nick Foligno, ou plutôt sa conclusion, a grandement fait jaser à l'issue de la victoire du Canadien, au grand déplaisir de l'entraîneur Michel Therrien, qui a ressenti la nécessité de réorienter le point de presse d'après-match.

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Michel Therrien était en train de perdre son sang-froid. Son équipe avait arraché la victoire aux Blue Jackets de Columbus avec moins de trois minutes à faire en troisième, son gardien Mike Condon avait entamé de belle façon son nouveau mandat de gardien numéro un, mais personne n'avait envie de parler du match.

La façon dont avait été géré le cas de Nathan Beaulieu en deuxième période était l'unique sujet de discussion.

> Mathias Brunet: Ne pas minimiser l'importance du «protocole»

Résumons les faits: le capitaine des Blue Jackets Nick Foligno freine Tomas Fleischmann en zone neutre en tendant le genou. «Il était déjà en train de pivoter et je l'ai frappé directement au corps, se défendra Foligno après le match. Sa jambe s'est enroulée autour de moi.» Les arbitres ferment les yeux sur cette infraction pourtant flagrante et le jeu se poursuit.

Voilà Tom Gilbert, qui n'a pas laissé tomber les gants une seule fois au cours de sa carrière professionnelle, qui va susurrer quelques mots à Foligno. Gilbert a peut-être en tête le fait que le Canadien évolue déjà avec un défenseur en moins, puisque Alexei Emelin a été expulsé de la rencontre au premier tiers.

C'est alors que Beaulieu décide de venger Fleischmann et d'engager le combat avec Foligno. Or, ce dernier l'accueille d'une solide droite qui lui fait plier les deux genoux.

«Ça m'est arrivé à quelques reprises, nous a raconté Dale Weise après le match. Quand les genoux plient comme ça, c'est comme si on éteignait la lumière pendant un court instant. Bang! Mais immédiatement après, ça va.»



Un règlement de la ligue a été modifié cette saison de façon à améliorer la surveillance et la prise en charge des cas de commotion cérébrale. Ainsi, il y a à chaque match une personne chargée par la LNH de répertorier les cas où une commotion aurait pu se produire. Toutefois, dans la grande majorité des cas, les équipes se prévalent de leur droit de désigner eux-mêmes un spotter qui aura préséance sur celui de la ligue.

«Je ne sais pas où est assis le spotter et il n'est pas en communication avec moi», a affirmé Michel Therrien, qui commençait à bouillir.

Chose certaine, personne n'a cru bon de rappeler Beaulieu au vestiaire après que ses genoux eurent fléchi.

«Être assis au banc des punitions ou être assis dans une chaise berçante dans la chambre, il n'y a pas grand-chose de différent», a plaidé l'entraîneur-chef.

Beaulieu est allé purger cinq minutes au banc, un séjour qui s'est prolongé en raison d'un coup de sifflet qui ne venait pas. Finalement, il est retourné au banc des siens avec moins d'une minute à faire à la période et n'a pas été utilisé.

«Entre la deuxième et la troisième période, les médecins lui ont fait passer le protocole et tout était correct», a assuré Therrien.

Du courage, mais...

Dans quel état sera Beaulieu aujourd'hui?

Si l'on en croit Weise, il n'y a pas lieu de s'en faire outre mesure. Le jeune arrière ne s'est pas présenté devant les journalistes, car, nous a-t-on dit, il devait soigner l'oeil au beurre noir, gracieuseté de Foligno. On verra bien.

Tous ses coéquipiers ont salué son courage et le fait qu'il avait eu l'instinct de prendre la défense de son coéquipier.

«Un geste de caractère», ont-ils dit à l'unisson.

On a quand même senti une petite réserve de Therrien eu égard à la décision de Beaulieu de se soustraire du jeu alors que son équipe roulait déjà à cinq défenseurs.

Le capitaine Max Pacioretty allait dans le même sens.

«On n'a pas besoin qu'il fasse cela chaque fois parce que c'est un bon joueur, et on le veut sur la glace davantage qu'au cachot, a-t-il dit. Mais en même temps, c'était inspirant de voir un coéquipier intervenir après un geste qui, selon nous, aurait mérité une punition.»

Colin Campbell, l'un des hauts dirigeants de la LNH, assistait à la rencontre d'hier. Le même Colin Campbell qui, comme plusieurs de ses collègues, est en eaux troubles à la suite de courriels rendus publics qui tendent à démontrer que la ligue a fait preuve d'aveuglement volontaire au chapitre des commotions cérébrales.

«Nous vendons des rivalités, nous vendons et nous promouvons la haine», a déjà écrit Campbell.

Ça ne devait pas être lui, le spotter de la ligue...

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