Cuisine: des armoires plus écolos

La cuisine de Caroline Bolieu et de René... (Photo fournie par Caroline Bolieu)

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La cuisine de Caroline Bolieu et de René Beauséjour est constituée à 85% de matériaux récupérés. Véritable morceau choisi, l'îlot de travail réunit harmonieusement des objets disparates: tête de lit (surface blanche coiffée d'un grillage), ancienne fenêtre, tiroirs de commode, poutres et planches diverses.

Photo fournie par Caroline Bolieu

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Un luxe, la rénovation écologique? Pas exactement, il y en a pour tous les budgets, répondent les adeptes. L'option écolo demande surtout de pratiquer les fameux 3R: réduire, réutiliser, recycler. Dans cette série, La Presse passe en revue quatre pièces de la maison, avec pour chacune un tour d'horizon des possibles. Cette semaine: la cuisine.

On peut rénover ses armoires de cuisine de façon écoconsciente: en récupérant, en refaisant les surfaces, en choisissant des matériaux sains... Ces approches déjouent le désastre écologique nommé mélamine qui entraîne au moins cinq ans de pollution intérieure en raison de ses émanations. Regard sur trois pratiques à adopter pour rendre ses armoires les plus vertes possible.

Des fous de récup

En donnant une deuxième vie aux objets désuets, les fervents de récupération font un des gestes les plus écologiques qui soient. Trois d'entre eux nous ont ouvert les portes de leur cuisine nouvellement rénovée avec une bonne dose d'imagination.

Une souris de matériauthèque

«J'aime les objets qui portent une trace», expose passionnément Caroline Bolieu, habituée de chez Matériauthèques en Chaudière-Appalaches, qui entrepose des matériaux de déconstruction ancestraux. «Avec beaucoup d'amour et un sens du design, l'entreprise trouve une deuxième vie et apporte du cachet, poursuit cette dévoreuse de magazines de décoration. La beauté, c'est très important.»

Dans leur maison centenaire de Saint-Pacôme-de-Kamouraska, la jeune photographe et son amoureux, René Beauséjour, qui travaille dans les communications, ont retroussé leurs manches. Après six mois de travaux, leur spacieuse cuisine est maintenant constituée à 85% de matériaux récupérés.

Véritable morceau choisi, l'îlot de travail réunit harmonieusement des objets disparates: tête de lit, ancienne fenêtre, tiroirs de commode, poutres, planches diverses... Le dessus, tiré d'une table usagée, est recouvert d'un coulis de béton et de vernis à plancher à base d'eau. Qu'advient-il des armoires de départ, datant des années 80? «Elles serviront à faire l'établi», répond la bricoleuse.

www.materiautheques.com

À l'huile de coude

Amoureux des vieux objets et du fait à la main, Adrien Destelle, sérigraphe installé dans un loft du Mile End, à Montréal, a voulu refaire la cuisine, avec l'aide d'un ami soudeur et l'accord de son propriétaire. «Nous avons construit sur mesure, à partir de bois et de métal récupérés, explique-t-il. J'ai dessiné les plans, que mon ami a parfois modifiés.»

Adrien Destelle écume les centres de récupération et les brocantes, lors de ses virées dans le Bas-du-Fleuve. Sa cuisine a demandé 200 heures de travail. Une pièce maîtresse: le comptoir, un assemblage massif de 2X4 tenus ensemble par un nombre incalculable de vis. «Beaucoup de travail!», laisse tomber M. Destelle, satisfait. Le tandem se dit prêt à prendre des commandes.

Les anciennes armoires ont été réemployées dans d'autres lofts et les rebuts de chantier acheminés à l'écocentre.

adrien.destelle@gmail.com

Du neuf à partir du vieux

Artisan et designer de métier, Hubert Soucy compte plusieurs cuisines «tout récup» dans son portfolio. Vieux meubles, caissons d'origine, chariots, bouts de bois ou de métal, tout finit par trouver sa place. Un exemple: d'anciennes moulures mises côte à côte deviennent des portes d'armoires. Sa ressourcerie de prédilection: De tout pour tout. Il ne dédaigne pas non plus Kijiji.

www.facebook.com/HubertSoucyDesigner

www.detoutpourtout.com

Le «resurfaçage»

Plus simple que la récupération, le «resurfaçage» est une solution peu coûteuse: on repeint les armoires avec une peinture recyclée ou une peinture sans émanation toxique. On peut aussi ne changer que les portes, avec du bois provenant de forêts écologiquement gérées (certifié FSC, pour Forest Stewardship Council) ou du bois récupéré.

Des commerçants offrent un service de «resurfaçage» (refacing) qui consiste à recouvrir la mélamine en place, ou à sabler et vernir les armoires de bois. Attention: toutes leurs offres ne sont pas écologiquement correctes! Les portes d'armoires en thermoplastique, ou enduites de thermoplastique, sont très polluantes à fabriquer et dégagent, en cas d'incendie, des vapeurs qui pourraient être mortelles.

Les cuisinistes verts

Chez Cuisines Multiplex, on offre le choix entre matériaux standard ou matériaux sans émanation toxique. La seconde option augmente de 7 à 10% le coût des armoires, indique Marika Nelson, conceptrice principale. «Ce surcoût est bien relatif, estime-t-elle. Nos prix écolos éclipsent parfois les prix standards des concurrents. Nous n'avons pas de salle d'exposition, ce qui nous fait économiser, en plus de réduire notre empreinte environnementale.» Les armoires écolos de Cuisines Multiplex commencent la gamme à 375$ du pied linéaire, avant installation.

À Hauteur d'homme, entreprise qui conjugue le style scandinave et l'écologie, lance à l'automne la cuisine X. «C'est pour le client qui veut une certification écologique et qui n'a pas les moyens des portes d'armoires en bois massif», explique Nicholas Sangaré, chargé de projet. Le prix des armoires X: environ 499$ du pied linéaire, avant installation. À Hauteur d'homme pratique un programme de reboisement et emploie des jeunes en réinsertion professionnelle.

www.cuisinesmultiplex.com

www.Hh.c




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