Rénover avec la relève: miser sur la qualité des espaces

Le tandem d'architectes Hubert Pelletier et Yves de... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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Le tandem d'architectes Hubert Pelletier et Yves de Fontenay, en compagnie de leurs employés, Yann Gay-Crosier, à gauche, et Nicolas Mussche, à droite.

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Lucie Lavigne
Lucie Lavigne
La Presse

Les architectes Hubert Pelletier et Yves de Fontenay, fondateurs de Pelletier de Fontenay, se passionnent pour tous les types de projets, pourvu qu'il y ait un défi architectural à relever. Nous avions quelques questions pour eux.

Quel conseil donneriez-vous à une jeune famille qui désire rénover et personnaliser un bâtiment existant plutôt que d'acheter une maison ou un condo neufs en ville? 

Acheter un ancien duplex à plusieurs, deux couples d'amis, par exemple, et partager les coûts de rénovation. Autrement, acquérir une petite maison de style «shoe box» et optimiser chaque pied carré disponible au lieu d'ajouter un étage. C'est plus simple comme travaux. Enfin, pourquoi ne pas regarder du côté des quartiers montréalais moins recherchés, donc moins coûteux?

Quel est le type d'agrandissement a prioro le plus avantageux en milieu urbain? 

Limiter les interventions plutôt que de tout remettre à neuf. Il n'y a pas de mauvais projet d'agrandissement. Tout dépend du contexte, de la réglementation, du lot... Creuser un sous-sol et couler des fondations de béton en ville, c'est coûteux et complexe (il faut notamment soutenir tout le bâtiment), et l'entrée de lumière n'est pas optimale. Mais nous l'avons fait pour l'un de nos clients, car on ne pouvait agrandir autrement. Aussi, lorsqu'il est impossible d'ajouter un étage complet, on peut opter pour une mezzanine sur le toit. C'est un bel espace supplémentaire qui procure beaucoup de lumière et beaucoup de surface de terrasse, mais le nombre de pieds carrés habitables est limité. Une extension à l'arrière représente, à nos yeux, une façon un peu plus économique d'ajouter des pieds carrés que l'on peut répartir sur plus d'un étage. 

Qu'est-ce que vos clients vous demandent le plus? 

Ouvrir l'intérieur sur l'extérieur et obtenir une plus grande connexion avec la cour. Cette ouverture se fait principalement avec une fenestration plus généreuse, des portes-fenêtres et des terrasses. Mais aussi grâce à un puits de lumière installé au-dessus de l'escalier (idéalement repositionné au centre du bâtiment) afin d'éclairer le coeur de la maison. Nous aimons bien que la cage d'escalier soit plus grande que l'escalier lui-même. Ainsi, la lumière illuminera davantage l'intérieur. 

L'erreur d'aménagement la plus fréquente? 

Créer de grands espaces ouverts sans subdivisions. Le loft absolu tue l'architecture! Il n'y a plus rien. Tout est égal, l'espace, la lumière, les perspectives... On doit souvent convaincre nos clients de différencier les pièces en créant des zones non pas avec des cloisons, façon maison victorienne, mais avec des éléments architecturaux comme des blocs stratégiquement placés, un foyer, une bibliothèque... On peut aussi créer une sorte de scénographie grâce à une différence de hauteur de plafond ou de plancher. 

À combien estimez-vous le coût des travaux d'une rénovation majeure en milieu urbain? 

Aujourd'hui, le coût oscille entre plus ou moins 200 $ et 300 $ le pied carré de superficie habitable, incluant les taxes et le mobilier intégré, mais excluant les honoraires de l'architecte et ceux de l'ingénieur en structure. 

Quel est votre meilleur truc pour éviter les dépassements de budget? 

Prioriser la qualité de la construction et des espaces. Il y aura toujours quelqu'un qui voudra acheter une habitation simple, bien construite et sans détails ostentatoires. En général, il n'y a pas vraiment de matériaux de luxe dans nos projets. Nous préférons miser sur la fenestration et la qualité spatiale, plutôt que sur les matériaux ou les équipements. 

Quel est l'élément qui vous procure le plus de bien-être dans votre appartement? 

Yves de Fontenay: Un salon dont les canapés sont disposés face à face, donc propices à la conversation. Je préfère évacuer la télé comme élément central qui dicte l'orientation d'un salon.

Hubert Pelletier: Dans notre appartement, ma conjointe et moi apprécions notre très grande table de forme carrée. Il y a toujours un coin libre pour manger, mais on y trouve aussi une lampe de travail, des livres, des jouets d'enfants... On adore la flexibilité d'usage de notre table surdimensionnée.

Pelletier de Fontenay 

Date de fondation: 2010 

Architectes cofondateurs: Hubert Pelletier, 39 ans, originaire de Québec, et Yves de Fontenay, 34 ans, de Montréal 

Nombre d'employés: 2 

Adresse: 6630, rue Hutchison, à Montréal

Parcours: Hubert a d'abord obtenu un baccalauréat en design industriel, avant de commencer ses études en architecture. C'est lors de sa première année de maîtrise qu'il rencontre Yves, également étudiant à la maîtrise en architecture, à l'Université de Montréal. 

Démarche: «Qu'ils soient institutionnels ou résidentiels, à petite ou grande échelle, tous les types de projet nous intéressent. Nous sommes autant captivés par l'Insectarium de Montréal [en partenariat avec d'autres agences] que par la rénovation d'un duplex en maison unifamiliale que l'on peut faire de manière surprenante. Ce qui nous importe, ce sont les défis à relever et l'ouverture des clients à la créativité.»

http://www.pelletierdefontenay.com/

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