Lise Grégoire: l'art de la médiation

Lise Grégoire voulait être actrice, puis est devenue... (Photo André Pichette, La Presse)

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Lise Grégoire voulait être actrice, puis est devenue assistante aux décors avant de s'orienter vers le métier de régie extérieure.

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Jozef Siroka
La Presse

Leur contribution au septième art est indispensable, et pourtant, la nature de leur métier représente un mystère aux yeux du grand public. Ils sont les travailleurs de l'ombre de l'industrie du cinéma. La Presse vous invite à découvrir quatre des personnalités anonymes qui garnissent les génériques des films québécois et d'ailleurs.

Au départ, Lise Grégoire rêvait de devenir actrice. Elle a goûté à sa passion première grâce à de brefs rôles dans Le Matou (1985), de Jean Beaudin, ou La vie d'un héros (1994), de Micheline Lanctôt. Mais elle a fini par déchanter : « Je ne pense pas que j'avais le coffre pour devenir une grande comédienne ; mon choix s'est donc fait assez naturellement. »

Lise Grégoire a par la suite renoué avec son groupe d'amis techniciens qu'elle côtoyait du temps de ses études de théâtre au cégep de Saint-Hyacinthe. Elle a fini par effectuer un retour sur les plateaux de tournage, mais cette fois hors du champ de la caméra, comme assistante aux décors.

De fil en aiguille, elle s'est orientée vers un métier dont elle ne connaissait même pas l'existence : la régie extérieure. Le processus consiste à repérer, et louer si nécessaire, divers lieux ou locaux qui sont indiqués dans le scénario. Jeune maman à l'époque, Lise Grégoire s'est enthousiasmée pour cette étape en apparence peu exigeante de la préproduction cinématographique.

« C'était parfait pour moi. Je n'avais plus besoin d'aller chercher, comme lorsque j'étais décoratrice, tout ce qui va orner l'extérieur ou l'intérieur : les livres, la vaisselle, les chaises, les fruits... Et après, il faut retourner tous ces objets...

« Dorénavant, je n'avais qu'à négocier le lieu, puis m'assurer que le lieu revienne dans sa forme première, et c'était tout... Mais non, ce n'était pas tout ! Ce n'était que le début. J'ai appris le métier, comme on dit, sur le tas », dit Lise Grégoire.

Le Québec compte 59 directeurs des lieux de tournage (qui travaillent également dans les domaines de la télévision et de la publicité). Leurs principaux interlocuteurs sont le réalisateur, le directeur artistique et le directeur de la photographie. « On s'assoit ensemble et on essaie de trouver l'angle du film. J'ai une importante banque de photos », explique Lise Grégoire.

Montréal est son principal terrain de jeu. Elle a à l'occasion franchi les frontières de la métropole, notamment pour le mélodrame archipopulaire The Notebook, qui a recréé les Ardennes de la Seconde Guerre mondiale dans les champs de Terrebonne et de Mascouche.

Maîtriser la médiation est une qualité fondamentale pour un directeur des lieux de tournage. « On frappe chez vous, on laisse une lettre. On a besoin d'une maison comme la vôtre, d'un hôpital, d'un musée. C'est tout un monde qui débarque chez ces gens-là », précise Lise Grégoire. Elle doit rassurer les gens, qui voient leur environnement perturbé souvent de nombreux jours d'affilée. « Une fois qu'on a choisi la maison, c'est tout le quartier qu'on a choisi. »

Mais elle doit aussi user de diplomatie rigide lorsque nécessaire, pour assurer la quiétude de la production. « Imaginez, c'est le printemps, et un gros tournage arrive : "Est-ce que vous pouvez tondre votre gazon demain entre 13 h et 14 h précisément ?" Les enfants crient dans la piscine. "Ça vous tente de manger un Popsicle une heure ou deux à la place ?"

« Nous sommes la réalité qui rencontre l'imaginaire », conclut Lise Grégoire non sans lyrisme à propos des représentants de sa profession.

FILMS NOTABLES

  • Les maîtres du suspense (2014) de Stéphane Lapointe
  • L'enfant prodige (2010) de Luc Dionne
  • Mémoires affectives (2004) de Francis Leclerc
  • The Notebook (2004) de Nick Cassavetes
  • Caboose (1996) de Richard Roy

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