Dirty Grandpa: grand-père veut fourrer!

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Hugo Meunier
Hugo Meunier
La Presse

La salle était pleine, mercredi soir au cinéma StarCité dans l'est de Montréal, pour la première locale de la comédie Sale grand-père, la version française de Dirty Grandpa de Dan Mazer (BoratBrüno), mettant en vedette Robert De Niro et Zac Efron.

Dans sa campagne promotionnelle, le distributeur VVS Films insistait sur la traduction des blagues à la sauce québécoise pour mieux vendre ici la production hollywoodienne.

Devant des perspectives aussi prometteuses, pas le choix d'aller voir.

La salle était donc pleine.

Des spectateurs avaient obtenu des billets gratuits sur Facebook ou ailleurs. «Ils nous ont donné 15 paires de billets au paintball», a souligné l'un d'eux.

D'abord les grandes lignes de l'histoire. Inutile de lancer des accusations de divulgâcher quoi que ce soit, puisque vous risquez de saisir assez vite ce scénario anorexique si vous avez au moins une sixième année.

Dick Kelly (De Niro) se retrouve veuf après des décennies de mariage. Il embrigade donc son petit-fils Jason (Efron) pour atteindre son objectif ultime de fin de vie: fourrer.

Le terme revient d'ailleurs à profusion.

Le duo met donc le cap à Daytona Beach en plein spring break, malgré les réticences de Jason, dont le mariage avec une fille castrante est prévu dans une semaine.

On comprend ensuite que Jason/Efron, avocat et fils à papa, est extrêmement coincé. Son cousin dépravé qui consomme de la drogue et abuse des allusions zoophiles lui balance d'ailleurs d'entrée de jeu: «Est-ce que t'écoutes du Céline Dion dans ta vulvo?»

Cette première blague marque le coup d'envoi d'un festival de blagues grivoises, où les accusations d'être gai et peu membré constituent l'insulte suprême.

L'acteur oscarisé pour son rôle dans The Godfather Part II se fait d'abord surprendre par son petit-fils en train de se masturber. «Quoi? Tu m'as simplement surpris en train de faire un numéro 3!» s'exclame De Niro, qui ne comprend pas pourquoi son petit-fils en fait tout un plat en lâchant des «What the fuck!» par-ci par-là.

«Allez, on saute dans ton beau vagin mobile et on part d'ici!» enchaîne le grand-père au petit-fils venu le cueillir avec le cabriolet rose de sa copine.

Moins d'une dizaine de minutes plus tard, les deux compères rencontrent des jeunes femmes, dont la chaude Lenore (Aubrey Plaza), qui exhibe en moins de deux son popotin bronzé au grand-père, malgré le demi-siècle qui les sépare.

Le duo se retrouve ensuite sur un terrain de golf en compagnie de deux femmes aux tenues moulantes. Le petit-fils est alors catastrophé par les propos du grand-père qui ne pense qu'à ça. «Tu as du sable dans le vagin? Ces deux cougars veulent fourrer!» s'emporte papy, qui se retrouve quelques scènes plus tard à Daytona «Fucking» Beach avec fiston.

Dans cette mer de silicone et de testostérone, ils tombent à nouveau sur la nympho Lenore et sa copine plus intelligente. Celle-ci tombe dans l'oeil de Zac, qui remet beaucoup trop rapidement son mariage en question.

Les filles sont évidemment accompagnées de deux douchebags, qui ne perdent pas de temps à traiter De Niro et Efron de «plottes» et de «mangeurs de sperme».

Heureusement, le grand-père remporte un concours de calage de bière et, du coup, le respect des jeunes.

De son côté, Zac Efron se dévergonde en consommant de la drogue et en dévoilant ses abdos. Il passera ensuite pratiquement le reste du film en chest.

Une question d'accent

Dans la salle, les éclats de rire fusaient de partout. Le scribe de La Presse se sentait pour sa part coincé comme le personnage de Zac Efron avant sa première puff de crack. «C'est très vulgaire et l'accent québécois rend ça encore plus vulgaire!» commentera une dame à la sortie.

L'utilisation d'un mélange d'expressions québécoises avec un accent français risque en effet de ne laisser personne indifférent.

Invité à commenter, le distributeur VVS Films a expliqué que les comédies américaines sont très difficiles à adapter en français tout en conservant l'aspect comique. «Il était impératif d'adapter le scénario pour que le public québécois puisse comprendre et trouver ses repères», a souligné par courriel un responsable du marketing pour le bureau montréalais de VVS Films.

Il ajoute avoir profité de l'expertise des membres de l'Union des artistes qui ont collaboré au projet.

La distribution note que le film cible des adolescents et jeunes hommes, férus de films tels qu'American Pie ou The Hangover.

«Plusieurs expressions du film sont traduites à partir du vocabulaire utilisé par notre clientèle cible, mais en préservant un accent très neutre et international, afin d'éviter le joual.»

Les acteurs québécois qui ont prêté leur voix sont des habitués. Ceux qui doublent De Niro et Efron le font depuis plusieurs années. Chez les filles, Stéfanie Dolan (la voix d'Hermione Granger dans les Harry Potter) incarne la nouvelle flamme du petit-fils et la comédienne et animatrice Bianca Gervais prête sa voix à la lubrique Lenore.

Selon Bianca Gervais, qui fait du doublage depuis l'âge de 12 ans, on a voulu conserver l'humour trash de la version originale sans toutefois se rendre aussi loin qu'un film comme Slap Shot. La comédienne estime que les films américains de ce genre sont trop souvent édulcorés dans leurs versions françaises. Quant au film en soi, elle admet ne pas être une grande consommatrice du genre. «C'est pas mon doublage qui va faire avancer la cause du féminisme!» lance-t-elle dans un éclat de rire.

Dirty Grandpa (Sale grand-père) est présentement à l'affiche.

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