Abel Ferrara défend sa vision d'artiste

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«Welcome to New York ne sera vu qu'à Montréal, dit le réalisateur Abel Ferrara de passage de la métropole. Pourquoi? Je ne sais pas! Mais Fantasia est le seul festival à le prendre.»

Photo: François Roy, La Presse

Le festival Fantasia clôturait, hier soir, sa 18e édition avec la présentation de Welcome to New York, film inspiré de l'affaire DSK. Sachant que l'oeuvre a été mal reçue par Dominique Strauss-Kahn et son entourage, le réalisateur Abel Ferrara défend son droit à sa vision artistique.

Le réalisateur américain Abel Ferrara peut être fier. Son prochain long métrage, Pasolini, sera en compétition officielle en septembre à la Mostra de Venise avant d'être projeté à San Sebastian, Londres, Toronto, New York. Mais pour l'heure, c'est Fantasia qui est son festival favori. Parce qu'on ose y présenter Welcome to New York.

«Welcome to New York ne sera vu qu'à Montréal, dit le réalisateur avec un sourire ironique. Pourquoi? Je ne sais pas! Mais Fantasia est le seul festival à le prendre.»

Une réputation sulfureuse

Le film, inspiré de l'affaire Dominique Strauss-Kahn, est précédé d'une réputation sulfureuse, voire scabreuse, depuis sa présentation dans un événement privé durant le Festival de Cannes. Strauss-Kahn a menacé de porter plainte tandis que son ex-femme, la journaliste Anne Sinclair, a qualifié l'oeuvre d'antisémite.

Le 14 mai 2011, Dominique Strauss-Kahn, alors patron du Fonds monétaire international, est arrêté à New York puis accusé d'avoir agressé sexuellement une femme de chambre à l'hôtel Sofitel. Les chefs d'accusation au pénal sont abandonnés le 23 août 2011 et une entente à l'amiable survient entre les deux parties à la suite de poursuites civiles. N'empêche que DSK doit quitter son job au FMI et abandonne ses projets pour la présidence de la France.

Mettant en vedette Gérard Depardieu et Jacqueline Bisset, Welcome to New York est pratiquement un copier-coller de la séquence des événements. Mais les dialogues entre les principaux personnages sont fictifs. «La vérité est quelque chose qui existe seulement à un endroit et un moment donnés. Après, on est dans la supposition, dit Ferrara. Mon film est basé sur des gens qui existent, mais il demeure une fiction. Je ne suis pas assez présomptueux pour dire que je sais ce qu'ils se disent entre eux dans leur chambre. Mais comme artiste, c'est mon droit de retenir ce qui m'intéresse. Qu'on me menace de poursuites ne m'énerve pas. C'était mon droit de faire ce film.»

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Welcome to New York, inspiré de l'affaire Dominique Strauss-Kahn, est précédé d'une réputation sulfureuse, voire scabreuse, depuis sa présentation dans un événement privé durant le Festival de Cannes.

PHOTO VALERY HACHÉ, ARCHIVES AFP

La réalité dépasse la fiction

Ferrara (Bad Lieutenant, The King of New York) dit avoir été fasciné par cette histoire et sa portée internationale. «Lorsque l'affaire est sortie, j'étais à New York et c'est comme si nous avions, collectivement, subi un assaut, se souvient-il. Si je vous disais que j'ai une idée de fiction à propos d'un homme qui ambitionne de devenir président de la France mais qui se retrouve en prison, accusé d'avoir violé une femme de chambre, que diriez-vous? Personne ne croirait à ça!

«Ce n'était pas une affaire à la Clinton qui s'amuse avec une secrétaire, poursuit-il. C'est scandaleux!»

On se souvient des déclarations de Gérard Depardieu lorsqu'il a confirmé qu'il jouerait DSK. «Je ne l'aime pas, donc je vais le faire, disait-il en mars 2012. DSK est arrogant, suffisant, jouable.»

Pourquoi ce choix?, demande-t-on à Ferrara. «Gérard comprenait les enjeux, répond le réalisateur. Il vient de ce monde de la politique française. Il connaît ces gens. Il n'avait pas à faire de longues recherches pour incarner le personnage. Et il pourrait être un homme politique plus grand que DSK ne le sera jamais. Nommez-moi un homme qui connaît à la fois Fidel Castro et Vladimir Poutine? C'est Depardieu!»

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Distribué par Remstar, Welcome to New York sera en salle au Québec à compter du 15 août.




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