Nerve - Voyeur ou joueur?: application déficiente **

Le SoleilÉric Moreault 2/5

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Nerve - Voyeur ou joueur? est un magnifique exemple de ce qui arrive quand on formate un film pour un auditoire (les ados) au point d'en gaspiller tous les bons thèmes, qu'Henry Joost et Ariel Schulman auraient pu exploiter au lieu de faire joujou avec la caméra. Reste un suspense quand même efficace, mais vidé de sa substance et beaucoup trop cousu de fil blanc, même pour les plus crédules. L'idée de départ est pourtant bonne: une application pour cellulaire, Nerve, qui propose à son utilisateur de relever un défi, en échange d'argent, ou de regarder ceux qui jouent, moyennant un coût d'utilisation. D'où le titre. On ne cherche pas des Pokémon ici, mais des sensations fortes. D'abord bénignes, puis de plus en plus dangereuses.

C'est ce qui arrive à Vee (Emma Roberts), timide finissante, qui se laisse entraîner par la pression des pairs et non pas pour devenir populaire, comme Sydney (Emily Meade). À son premier défi, Vee doit embrasser Ian (Dave Franco), jeune homme frondeur au passé trouble. Le duo, rapidement un couple, va entrer, l'adrénaline aidant, dans une spirale de risques. Ce qui le rend de plus en plus attrayant pour les spectateurs du jeu, au grand dam de la meilleure amie de Ian, jalouse. 

Les réalisateurs (Activité paranormale 3 et 4) auraient pu pousser plus loin la réflexion sur ce Big Brother 2.0; sur les joueurs qui s'échappent de la réalité dans le virtuel et ceux qui vivent par procuration, les yeux rivés à leur téléphone, mais restent passifs face à ce qui se déroule devant eux ; sur la frontière entre vies privée et publique ; sur l'anonymat que procurent les pseudonymes, etc. 

On reste en surface dans ce récit initiatique. Sans parler du traitement insipide réservé aux «gentils» pirates informatiques... 

Sur le plan technique, Joost et Schulman se tirent plutôt bien d'affaire. Les plans rapprochés et le montage nerveux, couplés à des images subjectives fournies par les cellulaires des participants à Nerve, maintiennent une bonne tension. Un suspense renforcé par le compte à rebours de chacun des défis que doivent relever Vee et Ian. 

Ce qui n'empêche pas Nerve, à un certain moment, de tourner à vide. D'autant plus que, plus l'adaptation du livre de Jeanne Ryan avance, plus le film ressemble à Hunger Games, les enjeux sociaux et futuristes en moins. L'action se déroule en une nuit, dans le New York d'aujourd'hui.

Nerve... (Image fournie par la production) - image 2.0

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Nerve

Image fournie par la production

Une Vee peu crédible

Emma Roberts n'a malheureusement pas, du moins pour l'instant, le quart du talent de sa tante Julia. Son jeu unidimensionnel et son manque d'intensité rendent son personnage peu crédible. Dave Franco (le magicien Jack Wilder dans les deux Insaisissable) se débrouille mieux, malgré la pauvreté des dialogues et la psychologie des personnages, à l'avenant. 

L'inévitable dénouement heureux relève la barre de l'invraisemblance alors qu'il y avait un fort potentiel dramatique. Depuis toujours, des téméraires ont relevé des paris risqués pour une poignée de dollars, au péril de leur vie ou de leur santé. Espérons que ce film ne donnera pas d'idées à quelques malheureux. Car mis à part quelques images, on présente Nerve comme un jeu sans trop de conséquences. C'est le pire de ce film riche en sucre, mais pauvre en protéines...

* *

Nerve - Voyeur ou joueur? Suspense de Henry Joost et Ariel Schulman. Avec Emma Roberts, Dave Franco et Emily Meade. 1h36.

> Consultez l'horaire du film

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