Rock Demers: l'être humain est le même partout

Trente-cinq ans après avoir fondé les Productions de... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE)

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Trente-cinq ans après avoir fondé les Productions de La Fête, Rock Demers a vendu sa maison de production à Dominic James.

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Après 35 ans à faire rêver les enfants, petits et grands, avec ses Contes pour tous, Rock Demers a récemment vendu son entreprise, Productions de La Fête, au cinéaste Dominic James. La Presse a rencontré les deux hommes, qui souhaitent assurer la pérennité de la boîte.

Il y a une dizaine de jours, Rock Demers a assisté au mariage de sa petite-fille, aînée de ses trois petits-enfants. «J'espère maintenant devenir arrière-grand-père», dit en souriant le producteur qui aura 82 ans le 11 décembre.

Bien sûr, on le lui souhaite! Pour mille et une raisons. À commencer par le fait que depuis 35 ans, depuis la fondation des Productions de La Fête en 1980 et la sortie du film La guerre des tuques, quatre ans plus tard, Demers et une cohorte de scénaristes, réalisateurs, comédiens et artisans du cinéma ont fait rire, sourire, pleurer, ont étonné, surpris des millions d'enfants, petits, moyens et grands, au Québec comme dans le reste du pays et du monde.

Récemment, M. Demers a aussi vendu sa maison de production à Dominic James, cinéaste (Die, Angle mort). Le père des Contes pour tous souhaite toutefois y rester encore deux ou trois ans, le temps d'assurer la meilleure transition possible.

L'idée de vendre ce fleuron était déjà présente depuis quelques années. M. Demers affirme avoir rencontré plusieurs intéressés avant d'arrêter son choix sur Dominic James.

«La première fois que je l'ai rencontré, il m'a dit être le fils de Claire Pimparé, qui a joué dans un Conte pour tous et qui a été la narratrice de plusieurs disques que j'ai faits pour accompagner les premiers films, raconte M. Demers en entrevue à la Cinémathèque québécoise, qu'il a cofondée en 1963. Dominic m'a dit connaître tout des Contes pour tous et que l'idée de poursuivre ce que nous avons amorcé le passionne. En plus, il est bilingue et a étudié à Los Angeles. Tout ça pour moi était très convaincant. C'était une très agréable surprise que la vie m'offrait et je ne voulais pas la laisser passer.»

Les voyages...

L'adage dit que les voyages forment la jeunesse. Il faut croire que cela s'applique à M. Demers. Car c'est en voyageant, plus jeune, qu'il a fait siens quelques principes l'ayant guidé dans sa conception du cinéma pour les jeunes.

«Au début de la vingtaine, j'ai eu l'occasion d'étudier en Europe, dit-il. Et à 25 ans, j'ai fait un grand voyage en autostop Paris-Tokyo. Je me suis senti chez moi partout et j'ai toujours eu la communication très facile. Ça m'a surtout donné l'occasion de constater que l'être humain est le même partout. Surtout chez les enfants! Chez chaque individu, il y a une toute petite pellicule qui est la culture, la langue, la religion. Mais, aussitôt qu'on regarde sous cette pellicule, l'être humain est le même partout.»

On lui demande s'il faut avoir un coeur d'enfant pour faire des Contes pour tous. «Je pense que oui. Je pense qu'il faut avoir eu une enfance heureuse, même si elle peut avoir été difficile. Moi, je suis né sur une ferme dans un tout petit village. Mes parents étaient très pauvres, mais j'ai eu une enfance heureuse», dit cet aîné de huit enfants (sept garçons, une fille).

À la tête des Productions de La Fête, Rock Demers a constamment mis de l'avant une série de principes, à savoir: avoir des personnages principaux âgés de 10 à 13 ans, assurer une alternance fille-garçon chez les personnages principaux, favoriser la présence de la nature (forêts, rivières, etc.), utiliser le français, l'anglais et une autre langue d'un film à l'autre et éviter à tout prix que la tension dramatique de ses films repose sur un conflit entre le bien et le mal.

Il espère que son successeur suivra maintenant ces principes. «J'ai toujours voulu qu'on me raconte de belles histoires qui vont m'apprendre quelque chose de la vie», ajoute-t-il.

Dominic James: ramener la lumière

Dominic James est bien conscient des règles établies par Rock Demers dans ses Contes pour tous et entend en préserver l'essence.

«Ces règles ne vieillissent pas, dit-il. Ce qu'il a établi, ce sont des éléments à caractère universel qui vont toujours exister. Je ne veux pas les perdre. Le cinéma des Contes pour tous peut exister à travers le monde parce qu'il se nourrit d'histoires profondément humaines. Des histoires où la jeunesse, avec ses conflits et obstacles inhérents, est mise au premier plan. On peut tous s'y reconnaître.»

M. James qui, visiblement, met sa carrière de réalisateur entre parenthèses pour les mois à venir, le temps de bien prendre en main l'entreprise, espère bâtir une équipe de créateurs qui travailleront en collégialité et où il y aura un grand brassage d'idées.

Les Contes pour tous s'appuient aussi sur un côté très «coeur d'enfant» et sur l'espoir, ce que M. James affectionne.

«Ces éléments manquent dans le cinéma actuel, dit-il. Je trouve que nous sommes rendus, à travers le monde, dans un cinéma très noir. Et, pour employer des termes qui peuvent paraître très simplistes, je veux essayer de faire en sorte que les films de La Fête ramènent un peu de lumière.»

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