Golden Globe à Elle: une revanche pour Paul Verhoeven

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Agence France-Presse
Paris

Avec Elle, récompensé dimanche par le Golden Globe du meilleur film étranger, le Néerlandais Paul Verhoeven, réalisateur du sulfureux Basic Instinct, s'offre un retour en grâce aux États-Unis, pays avec lequel il avait pris ses distances depuis le début des années 2000.

«Combien de fois dans ma vie n'ai-je pas été rejeté, aussi bien ici qu'aux Pays-Bas», a regretté Paul Verhoeven après la cérémonie, selon la radio-télévision publique néerlandaise NOS. «C'est donc très chouette d'enfin une fois recevoir quelque chose!»

Ce Golden Globe est une revanche pour le réalisateur, surnommé «le Hollandais violent», qui voulait d'abord tourner Elle aux États-Unis, mais avait renoncé en raison du refus de producteurs et d'actrices américaines qui trouvaient le rôle trop provoquant. Le cinéaste, qui a mené une carrière américaine pendant plus de dix ans, de Robocop (1987) à Hollow Man (2000), a déploré dimanche devant la presse cette absence d'intérêt des producteurs américains.

Elle n'a pas été retenu non plus dans la course aux Oscars. Une mise à l'écart que «Verhoeven attribue à la morale politique de Hollywood», a indiqué le critique de cinéma néerlandais Diederik van Hoogstraten, membre de l'Association de la presse étrangère d'Hollywood (HFPA), qui décerne les Golden Globes. «Il était très content que nous, en tant que journalistes étrangers, l'ayons nommé», a-t-il ajouté.

Il n'aurait pas réussi à faire ce film aux États-Unis «sans changer le scénario», selon ce spécialiste cité par la NOS. «Il ne voulait pas le modifier parce que les gens avaient un problème avec le thème.»

Ce succès marque aussi un retour aux États-Unis pour ce cinéaste provocateur, qui y a connu dans les années 80 et 90 de grands succès commerciaux avec Robocop (1987), Total Recall (1990) et Basic Instinct (1992).

Il s'est mis en retrait de l'industrie hollywoodienne au début des années 2000, après le tournage de Hollow Man, pour lequel il dit avoir été contraint notamment par ses producteurs de couper des scènes considérées comme trop violentes.

«Hollow Man coïncide avec le moment très tardif où je me suis rendu compte que les choses avaient changé (...) Évidemment, sur des tout petits films de quatre ou cinq millions de dollars, on peut imaginer que des réalisateurs puissent encore travailler librement. Mais à partir de vingt millions de dollars, ça n'existe plus», indiquait-il en février au quotidien français Le Monde.

Auparavant, Verhoeven avait essuyé un gros revers aux États-Unis en 1995 avec Showgirls, critique de Las Vegas et des États-Unis, qui a connu un échec cuisant au box-office et a été éreinté par la presse.

Il faudra attendre plusieurs années pour que le film ne soit réhabilité par la critique, dans la foulée du cinéaste Jacques Rivette qu'il l'a qualifié en 1998 de l'«un des plus grands films américains de ces dernières années».

Depuis le début des années 2000, Verhoeven est retourné en Europe où il a tourné Black Book (2006) aux Pays-Bas puis Elle en France.




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